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Au milieu de la plate-forme,—entourée, en guise de décors, de lambeaux de tapisserie,—qui constituait la «scène», une vieille planche était posée sur deux tréteaux.
Tom, Jack, Bob et la Femme-Canon étaient assis à cette table improvisée.
Il y avait sur celle-ci trois bouteilles d'eau-de-vie vides et une quatrième que l'on venait d'entamer: c'était la façon de souper de nos banquistes.
Après avoir grignoté un maigre morceau de pain, Florette s'était retirée dans la voiture, et le paillasse s'en était allé festoyer «en ville» avec une bouchère de Poissy qui l'avait particulièrement remarqué: les grandes dames ont toujours protégé les artistes.
Les frères Snail se ressemblaient tellement qu'on les aurait pris l'un pour l'autre.
C'étaient trois Anglais trapus, aux jambes et aux bras musculeux, à la mâchoire inférieure proéminente et aux cheveux roux plantés drus et bas sur une figure courte et bouffie qui rappelait le mufle d'un bull.
Ils buvaient silencieusement: l'orgie britannique est taciturne.
A un moment, leur compagne se leva.
—Où vas-tu? lui demanda Tom.