Ainsi s'expliquaient les relations du maître de Murphy-House avec Me Bouginier.

Ainsi s'expliquait la visite que devait rendre, le lendemain soir, le millionnaire à ce brasseur d'affaires problématiques et ténébreuses.

Tous deux avaient joué leur rôle dans le sanglant mystère!...

C'était l'aide, c'était le silence d'un complice que le Yankee allait payer au logis de l'ex-avoué.

L'ex-brigadier se montrait, d'ordinaire, de décision prompte. Général d'armée, il eût marché au canon. Soldat de la loi, il allait droit à son but, qui était d'empêcher le mal et de livrer le malfaiteur à l'action de la justice.

Toutefois, dans la circonstance actuelle, il n'importait pas seulement de procéder vite: il importait encore de procéder avec prudence.

Notre policier n'avait reçu du parquet aucun mandat qui lui permît d'agir avec autorité sur l'un des héros présumés du drame dont la victime attendait un vengeur.

En outre, Sam Murphy appartenait à la colonie américaine, d'une nationalité essentiellement ombrageuse en toute question qui touche à la liberté individuelle. Il avait pignon sur rue; il passait pour richissime...

Or, on n'arrête pas un millionnaire, en France, comme le premier coquin venu.

Perplexe, Jacques se demandait de quelle façon il convenait de manœuvrer.