Ayant tourné ce madrigal, Agénor consulta sa montre:
—Souffrez que nous abrégions. Mes minutes sont comptées. Demain, courses et régates à Dieppe, où madame m'attend...
Ce soir, samedi, je prends le train pour la rejoindre,—le fameux train des maris,—et il faut qu'auparavant je passe dîner à mon cercle... Permettez-moi donc, mademoiselle, de vous poser quelques questions à toute vapeur...
C'est bien vous, n'est-ce pas, dont la première enfance s'est écoulée à Bougival, chez une femme Françoise Mauclerc?...
C'est vous qui avez porté le surnom de Fine-Lame et le sobriquet de Filleule de Lagardère dans certain spectacle forain dirigé par trois Anglais dont le nom est consigné ici, au dossier?...
—Oui, monsieur.
Me Grandurand continua:
—Les investigations auxquelles nous nous sommes livrés, les renseignements que nous avons recueillis ne nous laissent, d'ailleurs, aucun doute à cet égard. L'identité est plus que suffisamment établie. Il ne saurait y avoir error in personâ.
Il raconta alors d'une façon sommaire la liaison d'Hélène et de Will, la manière dont ce dernier avait, à son lit de mort, entendu réparer sa faute, la promesse que le captain lui avait faite, et comment celui-ci, arrivé à Paris pour remplir cet engagement, avait été lancé sur les traces de la nièce qu'il brûlait de retrouver par un homme d'affaires auquel des circonstances,—trop longues à énumérer pour l'instant,—avaient révélé la présence de la jeune fille chez le garde général de M. de Saint-Pons...
L'Américain avait songé—un moment—à se présenter lui-même au château du marquis et au pavillon de la Faisanderie...