—Je n'ai pas trop remarqué, reprit le garçon qui avait évidemment sa leçon faite; mais si monsieur veut bien m'accompagner...
—C'est cela, s'exclamèrent à l'unisson les deux jeunes gens, non moins intrigués que leur ami: allez, mon très cher, allez vite! Plus tôt vous reviendrez et plus tôt nous saurons...
L'aventurier prit son chapeau:
—C'est bien. Descendez, garçon. Je vous suis.
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Dans le jardin à l'entrée d'un bosquet sur la table duquel brûlait une bougie,—il était dix heures du soir,—un jouvenceau, qui tournait le dos aux survenants, causait avec deux personnages à moustaches, dont l'un portait l'uniforme et les galons de maréchal-des-logis d'artillerie.
Ce jouvenceau—ce mot lui était applicable, eu égard à sa petite taille, d'une finesse souple et élégante—avait le costume, sinon les allures d'un de ces adolescents de la colonie anglaise que l'on rencontre le matin, chevauchant à côté de leur professeur d'équitation dans l'avenue des Champs-Elysées ou parmi les allées du Bois: knickerbocker de velours brun, pantalon de coutil serré dans des molletières de cuir, grand col rabattu sur la cravate et feutre tyrolien orné d'une plume de faisan.
Une abondante chevelure se bouclait sous cette coiffure originale.
Dans sa main minuscule, gantée de gants de cheval à broderies rouges et à larges boutons d'acier, dansait une badine recouverte de cuir de Russie avec un crochet d'or pour poignée.
Ce jouvenceau semblait discourir avec animation.