—Ce personnage, cet inconnu, ce bandit, c'était vous!...
—Moi!...
—Oh! n'essayez pas de nier! Je vous ai reconnu. Je vous ai reconnu à cette voix impitoyable qui condamnait le fils tout à l'heure comme je lui avais entendu condamner le fidèle serviteur du père...
Je vous ai reconnu à l'éclair de férocité qui jaillissait jadis des trous de votre masque, et que je viens de retrouver dans vos yeux...
Je vous ai reconnu aux sentiments d'effroi, d'horreur et de révolte que vous m'aviez inspirés en cette nuit fatale, ces sentiments que j'aurais dû écouter, hélas! au pavillon d'Armenonville, et qui se soulèvent encore en moi dans ce moment!...
La justice décidera, d'ailleurs, si je me suis trompée...
Elle décidera si celui sur qui j'appelle son attention est pur de tout soupçon, de tout reproche, et si son passé sans tache défie l'accusation que je lui jette en la conviction de mon esprit et en la sincérité de mon âme...
Dans tous les cas, elle empêchera le combat, le crime de demain...
—Mais, s'exclama l'autre exaspéré, en me perdant vous vous perdez!...
En cette nuit dont vous évoquez le souvenir, c'est vous qui avez introduit les meurtriers et les voleurs dans le logis du garde-chasse...