Il alla à une fenêtre, l'ouvrit, exposa son front brûlant à la fraîcheur du dehors et respira avec bruit une ou deux bouffées d'air...

Ensuite, revenant à Roger:

—Après cette belle équipée, reprit-il avec amertume, c'est probablement chez vous, monsieur, que s'est réfugiée votre maîtresse.

—Vous nous calomniez tous deux, repartit vivement le jeune homme. En quittant Suresnes, miss Eva s'est fait conduire à la maison des Dames-de-Sainte-Marie-des-Anges, rue des Missions, où elle a trouvé un asile et d'où elle ne sortira qu'avec le nom et le titre de marquise de Saint-Pons.

Il ajouta en se levant:

—Maintenant, il me reste à savoir comment je dois prendre congé de vous. Cette démarche n'avait qu'un but: solliciter un consentement que la loi me contraint à vous demander... Donc, voulez-vous que votre pupille soit ma femme?... Si vous accueillez ma requête, nous nous efforcerons d'oublier le passé et de ne voir en vous qu'un parent, sinon un ami... Dans le cas contraire...

Un regard, un geste menaçants complétèrent sa pensée. Le gentleman ne sourcilla point. Il était redevenu correct, froid, un peu hautain:

—Avez-vous réfléchi, répliqua-t-il, que vous n'avez pas qualité pour m'interroger? C'est à votre père qu'il appartient de m'adresser une pareille demande. Que M. de Saint-Pons me fasse l'honneur de se présenter ici; qu'il me répète ce que je viens d'entendre de vous; c'est à lui que je me réserve de répondre catégoriquement.

—Soit, vous recevrez demain la visite du marquis.

—Je l'attendrai quand il lui plaira de me la rendre.