Népomucène Briquet le suivit des yeux, d'un air qui avait des commisérations et des attendrissements paternels.

Le digne troupier devinait les tortures mal dissimulées qui poignaient son jeune maître:

—Ah! grogna-t-il, si je tenais la fichue gaupe qui nous a expédié ce poulet, c'est elle qui pincerait un quadrille, avec accompagnement d'éventail à bourrique!

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Presque à la même heure, une scène identique se passait à l'hôtel Murphy, dans l'appartement occupé par Flore-Eva.

Mistress Betzy Simpson, la femme de chambre de celle-ci, une Anglaise d'un âge mûr et d'une apparence absolument respectable, très dévouée à sa jeune maîtresse, mais plus dévouée encore à son maître, sir Samuel, qui lui réglait ses gages sur un pied magnifique,—mistress Betzy Simpson entrait chez notre héroïne en ayant à la main un pli d'une forme et d'un papier exactement pareils à celui que nous avons vu remettre ès mains de Roger de Saint-Pons par son fidèle serviteur et compagnon d'armes Briquet.

—Qu'est-ce? questionna Florette.

—Pour miss Eva, répondit la femme de chambre en présentant la missive à la jeune fille.

—Une lettre?... Pour moi?... De quelle part?

—C'est un commissionnaire qui l'a apportée.