Mais leur aîné ne s'occupait guère du lieutenant Hattier.
Denise venait de s'asseoir.
Son doux visage apparaissait, suppliant et pieux,—et sa prunelle éteinte se rallumait à l'ardeur de sa prière.
Joseph regardait Denise. Auprès de lui, la Benjamine s'humiliait, s'absorbait dans une fervente oraison. Car ils étaient tous là, les gens du Coq-en-Pâte, tenant fort décemment leur rang dans leurs stalles de bois noirci. Tous,—excepté Agnès Chassard.
Celle-ci se plaignait assez bruyamment de ne pouvoir «faire sa religion» à son aise,—obligée qu'elle était de garder le logis pour attendre les voyageurs,—et elle entendait que ses enfants pratiquassent. Cela donne un excellent vernis à une famille. Puis, la veuve profitait du temps que la sienne passait aux offices dominicaux pour descendre à sa cachette et se mirer dans son trésor.
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—Pour les pauvres, s'il vous plaît?
C'était Denise qui quêtait: le curé Brossard l'avait priée de se charger de cette besogne de charité.
Elle allait de banc en banc, tendant aux fidèles la bourse de velours, au fond de laquelle son frère Philippe avait, dès l'abord, déposé un beau louis de vingt-quatre livres, et s'efforçant de sourire à ceux qui lui remettaient leur offrande.
Lorsque l'aumônière fut présentée à Joseph, celui-ci tira de la poche de son gilet un écu de six francs, évidemment préparé pour des largesses préméditées,—car cet écu était fort promptement empapilloté de papier... Puis, se penchant vers la fille du garde-chasse, il répéta tout haut après elle: