—A la nôtre!...
—Silence! interrompit Joseph, impérieusement. Assez de boisson comme ça! Qu'on se tienne prêt à m'aider!...
Il souleva la nappe, se baissa et examina avec une soupçonneuse attention le prétendu Joë Blagg, qui dormait sous la table.
Celui-ci était étendu sur le dos. Il ronflait à casser les vitres. De pénétrantes odeurs d'ivrognerie se dégageaient de ses hoquets. L'aîné des Arnould s'agenouilla et lui posa la main gauche sur la poitrine. Ensuite, il demanda d'un ton bref:
—Un couteau!...
On lui passa l'un de ceux qui se trouvaient sur la table. Joseph en appuya la pointe sur le cœur du dormeur...
—Que fais-tu? questionnèrent ensemble François et Sébastien.
L'autre repartit froidement:
—Je cherche la place favorable pour enfoncer mon ustensile, au cas où ce Parisien ne serait venu chez nous qu'à cette fin de s'occuper de ce qui ne le regarde point.
Le domestique ne bougea pas: respiration et ronflement ne cessèrent de sortir de ses lèvres vineuses avec une même sonorité et une égale conscience...