—Ou un coup de pouce, ajouta François avec un rire significatif. Houp! les enfants, est-ce entendu? Elle a assez vécu, la vieille. Tordons-lui le cou une fois pour toutes et enfouissons-la à la place de son magot...

—Ouais! fit Joseph ironiquement, et qu'est-ce que vous répliquerez demain à ceux qui vous demanderont ce qu'elle est devenue? Saprédienne! ne jamais entreprendre une affaire avant de s'être arrangé pour que les conséquences n'arrivent pas à tourner à votre détriment... Celle-ci est faisable. Je n'en disconviens point; mais il faut attendre le moment...

—Et ce moment, quand viendra-t-il? s'informèrent les trois autres avec la même avidité.

—Je vous le dirai ce soir, lorsque la Benjamine sera de retour des Armoises. Pour l'instant, il s'agit de porter ce piètre buveur sur son lit et de vaquer à nos occupations habituelles: la maman ne doit pas avoir vent que nous nous sommes concertés en vue de lui assurer un sort.

Florence était donc revenue au Coq-en-Pâte et y avait apporté le message de Denise.

Après une seconde lecture de celui-ci, et, tandis que la fillette se retirait dans un coin, impatiente de donner cours aux pensées que soulevaient en elle les événements de la matinée, l'aîné des aubergistes s'approcha de ses frères:

—La citoyenne Hattier me prie de me rendre demain au pavillon du garde, pour traiter de la communication qu'elle m'adresse. Je saisirai cette occasion pour l'inviter à faire son choix entre nous trois. Pour ce dont nous avons parlé tout à l'heure, là-haut, à table...

—Eh bien?...

—L'affaire aura lieu dans la nuit qui suivra les deux noces: le marié seul, quel qu'il soit, ne mettra pas les doigts à la pâte...

François poussa Sébastien: