Le lieutenant et la Benjamine s'étaient arrêtés—en passant—pour embrasser encore une fois celle à qui ils devaient leur paradis en ce monde.
Vingt minutes après, environ, filles et garçons étaient repassés devant le pavillon, s'en revenent, par groupes et par couples, bras dessus bras dessous, folâtrant, rondiant (chantant des rondes) et coupant à travers champs, afin d'arriver plus vite au Coq-en-Pâte, où les ménétriers accordaient leurs crincrins.
La Gervaise s'était jointe à la bande joyeuse. Les pieds lui grillaient de danser. Et sa maîtresse lui avait permis d'aller sauter au bal une fricassée ou deux.
La nuit était sombre et chaude. Une atmosphère saturée d'électricité pesait lourdement sur la terre. La lune apparaissait à peine entre d'épais nuages bizarrement déchiquetés.
L'enfant que vous savez dormait dans sa couchette: sa journée,—pendant laquelle la petite servante ne l'avait pas quitté avant le retour de Denise,—avait été exceptionnellement calme.
La sœur du lieutenant avait hâte de demander, elle aussi, au sommeil quelques instants de repos et d'oubli. Elle s'était jetée,—à demi déshabillée,—sur son lit. Ses paupières s'étaient fermées. Elle commençait à s'assoupir.
Soudain, un bruit léger monta du rez-de-chaussée. On eût dit que quelqu'un gravissait l'escalier avec des précautions infinies. Denise se souleva sur le coude et interrogea:
—Est-ce donc vous déjà, Gervaise?
Personne ne répondit.
Le bruit cessa un instant. Puis il reprit au bout de deux ou trois minutes. Persuadée que c'était la petite servante qui regagnait sa mansarde, en marchant doucement, et désireuse de s'informer pourquoi elle rentrait de si bonne heure, la fille du garde-chasse descendit de son lit.