Denise ne comprit pas ce langage cynique. Mais elle comprit ce visage effrayant, dont les muscles se tendaient, dont les prunelles s'incendiaient, dont la bouche se contractait sous le prurit de la passion bestiale. Elle fit un mouvement pour s'élancer vers la fenêtre...

Les jarrets du paysan fléchirent. D'un bond de tigre, il atteignit la malheureuse, dont il saisit les poignets.

—Pas de ça, Lisette! ricana-t-il. On ne sort pas les uns sans les autres!

La sœur de Philippe se raidit. Un effort désespéré l'arracha des mains du misérable. Elle se réfugia contre le lit, dans les rideaux duquel elle enveloppa sa nudité.

—Comment appeler du secours? pensa-t-elle tout haut.

L'aîné des Arnould haussa les épaules:

—Du secours? Va-t'en voir s'ils viennent! Ils sont là-bas, chez la maman, ceux de Vittel et des Armoises, à danser la faridondaine, à chanter la faridondon,—et votre frère est au moulin, en train de cajoler sa petite femme. Imitons-les, landerirette! On n'en meurt pas, landerira! Si l'on en trépassait, du diable s'il y aurait une seule fille à marier sur les terres de la République!...

Il marcha vers le lit:

—Voyons, exécutons-nous gentiment. Quinze jours plus tôt, quinze jours plus tard, voilà-t-il pas une belle affaire? Vous n'avez pas fait tant de façons avec votre marquis de malheur!...

—Gaston! Philippe! à l'aide! à moi! cria Denise qui perdait l'esprit.