— Good evening, dear mother, good evening, aunty!
Et la voix claire, la vivacité joyeuse de l'enfant dissipaient, de leur lumineuse candeur, l'ombre honteuse, la pensée noire.
II
— Mais comment, comment est-ce arrivé? répétait Hélène d'une voix altérée.
Toute sa personne criait le besoin de savoir. Elle était si émue qu'elle ne songeait pas encore à s'indigner. Ses tempes bourdonnaient : quelle surprise, quel affolement! Après ces quinze jours tourmentés, malgré leur apparence tranquille, — tante Édith, en effet, lui redonnait du courage en l'absence de Vernières appelé subitement en Dordogne par la santé de sa mère, — cette catastrophe d'hier soir avait éclaté comme une bombe! Tout découvert par Du Marty, Germaine après une scène terrible s'enfuyant chez son père, auprès de tante Portier ; et les contre-coups : Mme Dugast au désespoir, l'oncle furieux contre tout le monde, désolé pour ses affaires ; demain le scandale!
André, rageur, haussa les épaules. Un air de méchanceté tiraillait son visage. Il jetait sur la petite chambre de sa sœur un regard hostile d'homme pris au piège. Allons! il n'y aurait pas moyen d'éviter la scène, il avait eu tort de venir.
— Comment? fit-il. C'est bien simple. Du Marty pendant l'absence de Germaine a fourragé ses papiers, comme un goujat. Il a eu l'aplomb de forcer son bureau, et dans le buvard il a trouvé une lettre qu'elle m'écrivait…
— Et cette lettre? demanda Hélène.
Il eut un mauvais sourire :
— Pas de doute.