Hélène regardait fuir les cheminées fumantes.

— Vous avez vu cela de près, dit-elle, touchant d'une caresse la cicatrice que Minna portait à la main gauche.

L'Anglaise en effet, tenant à se rendre compte par elle-même, s'était fait jadis embaucher dans une des industries où le labeur physique est le plus rude ; elle avait travaillé trois mois dans une raffinerie, et gardait, d'un accident, la trace d'une forte brûlure.

Le rapide entrait en gare.

— Déjà! fit Hélène.

Minna était debout, tirant du filet le nécessaire de la jeune fille qui, pour descendre à la station de Mantes, devait changer de train. Une tristesse furtive assombrit leurs visages.

— Au revoir, ma chérie, dit Minna en l'étreignant.

Et comme elle voyait passer dans les yeux d'Hélène une inquiétude, à l'idée de la vie de famille qu'il fallait reprendre, de la lutte inévitable :

— Bon courage, dit-elle, patience et fermeté. On obtient plus avec du calme qu'avec de brèves colères. Adieu.

II