J’y reprends des idées qui, de 1899 à 1909, eurent quelque retentissement ; et j’y appelle des réformes que la guerre, de ses immenses contrecoups, a rendues nécessaires.
M’opposera-t-on, une fois de plus, que la Société ne doit pas se sacrifier à l’individu, comme si l’un et l’autre n’avaient pas intérêts communs et même idéal ? Comme si la famille, support de la Patrie, en conquérant de nouveaux droits, n’assumait pas autant de devoirs !
Il se peut que certains me comprennent mal et, sincères ou de parti-pris, me reprochent de toucher à l’Arche sainte, parce que j’entrevois un ordre de choses moins douloureux et plus humain ; alors que d’autres feindront de me comprendre trop, traduiront : liberté par licence et plaisirs bas.
Ne servant aucun parti, n’écrivant que pour les esprits noblement libérés, je me résigne aux attaques injustes, comme je désavoue les concours suspects.
P. M.
Hossegor, Été 1918.
POURQUOI CE LIVRE
Dans ces pages, Adam et Ève incarnent l’instinct et le sentiment humains : tout ce qui fleurit en nous de libre et de naturel.
Brid’oison, c’est la « Fo-orme » sociale ; le dogmatisme des mœurs, de l’opinion, des lois : construction artificielle dont la sagesse moyenne comporte encore beaucoup d’erreur, d’injustice et de mensonge.
Ce n’est pas être l’ennemi de la Société que de la vouloir plus éclairée et plus consciente. Ce n’est pas manquer de respect aux idées reçues, que de constater certaines de leurs tares et de souhaiter qu’elles deviennent plus saines, à l’heure où les vertus de la race, magnifiquement déployées par nos soldats, promettent une France plus belle.
Une Société qui ne protège — ni comme jeune fille ni comme épouse — la femme, matrice de ses plus fécondes réserves et de son plus sûr avenir ;