On enterra Malurus le surlendemain. Aucun membre de la famille ne parut, malgré le fait divers des journaux. On ne trouva rien dans ses papiers.
La pièce où habitait André lui sembla insupportable; qu'on lui mit un compagnon, cela lui paraissait également pénible.
Par bonheur, il obtint d'être placé seul, dans un sombre petit réduit, donnant sur une cour étroite et vitrée. Le relent des cabinets voisins rendait l'endroit plus malsain encore.
Du moins André y était seul. Et il ne voyait plus le grand mur.
Après six ans d'Administration, ce lui fut une grande joie. Il ne présageait pas que cette solitude lui deviendrait, plus tard, un supplice.
On ne le dérangeait guère. Il avait à l'ancienneté acquis le droit d'être tranquille. Il était exact aux heures et au travail. On l'oublia.
L'hiver, il avait trop chaud, étouffait, se préservait mal du feu par un grand paravent verdâtre; l'été, il suffoquait. Par la porte et la fenêtre passait l'odeur des plombs. Son bureau, sa chaise tenaient presque toute la place. Sur la cheminée, il y avait une cuvette, dans la cuvette une carafe. Des cartons vides occupaient les murs. Dans un des cartons moisissait un vieux pot de confitures. C'est tout ce que trouva André, dans l'inventaire qu'il fit de son nouveau bureau.
Il tâcha de s'y accommoder comme un homme qui sait qu'il doit vivre là des années.