—Est-ce qu'on sait? Elle est si sensible! De vous avoir vu peut-être?…

Dans la rue, André pensa que cela pouvait être vrai; enfin, il l'avait aimée, autrefois!

«Et Mariette? pensa-t-il. Qu'est-elle devenue? voyage-t-elle toujours? ou de retour à Paris, a-t-elle pour protecteur quelque triste individu, qui la bat?»—Puis cette curiosité tomba.

Huit jours après arriva une lettre de Crescent. Les Rosin consentaient au mariage.

À partir de ce jour, il se fit de grands préparatifs: l'achat du trousseau, la publication des bans.

Accompagnant sa mère, chargée d'acheter le mobilier et les robes, André mêlait, dans ses lettres à Toinette, aux protestations d'amour, des explications détaillées sur la couleur d'un tapis ou les galons d'un corsage.

Le temps, toutefois, lui semblait long, surtout au bureau; il y travaillait de façon distraite et inconsciente.

Un jour, las de regarder le mur et d'en compter les moellons, il fut pris d'une joie égoïste et d'un besoin de la crier. Il regarda son compagnon, Malurus, qui, le teint jaune de bile et les yeux gonflés, ouvrait des cartons poudreux et toussait d'une toux fêlée.—«Pauvre diable!» pensa-t-il, et il lui cria:

—Je vais me marier, Malurus!

L'employé tourna vers lui sa figure usée, et lugubre dans ses haillons noirs, cocasse comme un huissier des pauvres, il regarda son collègue, en faisant une grimace triste: