« A ma nièce Hildegarde de La Clabauderie, parce qu’elle est d’âme innocente et honnête personne, et bien que ses escaliers cirés m’aient mis en péril de mort, pour l’aider à donner à l’Hôpital des Bêtes l’importance qu’elle rêve, je lègue douze mille francs de rente viagère, à charge qu’elle prendra soin de ma petite chienne Bijoute. »

Mademoiselle de la Clabauderie, éperdue et reconnaissante. — Oh ! mon Dieu ! La pauvre tante…

Maître Miraton. — J’arrive au bout :

« Enfin, à mes neveux Albert Teulette, pour reconnaître leur mérite et les encourager au travail et à la vie simple, dans le but aussi de leur permettre d’élever intelligemment leur enfant, je lègue vingt-cinq mille francs de rentes réversibles à leur mort sur la tête de mon petit-neveu. »

Tous les héritiers, moins Mlle de La Clabauderie, se dressent en pied, éclatent en murmures et en ricanements.

M. de Vertbois. — Mais tout le reste, les trente millions de la tante, où vont-ils ?

Maître Miraton, impassible. — Vous ne me laissez pas achever. Ils vont à l’Assistance publique, c’est-à-dire aux pauvres ! Voulez-vous me permettre de finir la lecture ?

Tous, très excités, moins Mlle de La Clabauderie et Zoé Lacave. — Non, à quoi bon ? Nous attaquerons ! On plaidera ! Aux pauvres ! Quelle dérision !…

Tumulte général.

FIN