A ceux qui s'épuisaient en tourments inconnus
Pour mettre un peu de fange autour de tes pieds nus.
Comme Desdemona, t'inclinant sur ta lyre,
Quand l'orage a passé tu n'as pas écouté
Et les grands yeux rêveurs ne s'en sont pas douté[53]!
Note 53:[ (retour) ] A George Sand, sonnet trouvé dans les cartons de Sainte-Beuve, publié pour la première fois par la Revue moderne de juin 1865.
Bien assurée maintenant de son amour et de son bonheur, George Sand n'hésitait plus à s'en ouvrir à Sainte-Beuve. Elle lui écrivait le 25 août:
...Je me suis énamourée, et cette fois très sérieusement, d'Alfred de Musset. Ceci n'est plus un caprice; c'est un attachement senti... Il ne m'appartient pas de promettre à cette affection une durée qui vous la fasse paraître aussi sacrée que les affections dont vous êtes susceptible. J'ai aimé une fois pendant six ans[54], une autre fois pendant trois[55], et maintenant je ne sais pas ce dont je suis capable. Beaucoup de fantaisies ont traversé mon cerveau, mais mon coeur n'a pas été aussi usé que je m'en effrayais: je le dis maintenant parce que je le sens.
Note 54:[ (retour) ] Aurélien de Sèze, de 1825 à 1830: affection toute platonique, comme en témoigne, parait-il, un journal intime de G. Sand que possède M. de Lovenjoul.
Note 55:[ (retour) ] Jules Sandeau, de 1830 à mars 1833.