F'ront mieux d' rester chez eux.

Les vacances étaient finies! Le lendemain nous repartions pour Paris où nous retrouvâmes le ciel brumeux que nous avions quitté il y avait à peine quinze jours.


CHAPITRE I.

De retour de ce petit voyage je tâchai de trouver partout des renseignements sur le passé de l'île du Levant.—Voici le résumé de mes résultats:

«La rangée des îles d'Hyères[1], dit Adolphe Joanne dans son guide d'Hyères, est composée de trois îles principales et de quelques îlots[2]. Ce sont les anciennes Stœcades des Grecs. A l'époque de la Renaissance, on désignait l'archipel par le nom poétique d'Îles d'or, très probablement parce que sous l'influence des études classiques et par une allusion instinctive au groupe des terres Fortunées, on plaçait dans les îles d'Hyères les orangers qui entouraient la ville. C'est d'ailleurs là une idée qui n'a pas encore été dissipée complètement souvent on attribue par erreur le climat et les productions de la campagne d'Hyères à cet archipel exposé à toutes les fureurs du mistral. Elles sont très faiblement peuplées, bien qu'elles possèdent d'excellents ports, des vallons fertiles, des emplacements favorables à l'établissement d'usines diverses; elles sont rarement visitées, en dépit de leurs sites charmants.

»L'île de Porquerolles« la plus connue et la plus peuplée des trois grandes îles, tire son nom des sangliers qui peuplaient autrefois ses forêts. C'est l'ancienne Porté (première). Elle a 8 kil. de longueur sur 2 kil. de largeur et compte environ 300 habitants. Porquerolles est presque entièrement couvert de bois de pins et de chênes, et n'offre guère de clairières que sur le versant septentrional de l'île. Les maisons du hameau principal (hôtel restaurant du Progrès) sont groupées au pied de la citadelle, sur les pentes d'un monticule qui domine une petite crique semi-circulaire exposée au vent du nord. Le phare, dont le feu fixe à éclat brille jusqu'à 36 kil., est situé sur une autre colline (83 mètres) presque directement au sud. Les constructions de la fabrique de soude, où travaillent plus d'une centaine d'ouvriers, occupent un charmant vallon près de la pointe occidentale de l'île[3].

»L'île de Port-Cros (Port creux), l'antique Mezé (île du milieu) est située exactement en face du cap Bénat; sa longueur est de 4 kil., sa longueur de 2 kil. 1/2. C'est la plus sauvage des trois îles de l'archipel. La colline du vieux sémaphore qui porte une vigie fortifiée, s'élève à 197 mètres. La population ne dépasse pas 20 à 25 habitants. Il s'y trouve aussi à l'est une fabrique de soude.[4] Le gibier abonde à Port-Cros ainsi que dans l'îlot de Bagaud, à l'Ouest, que l'on a récemment fortifié.

»L'île du Levant ou du Titan, appelée aussi Cabaros dans les anciens titres, est l'antique Hypœa (inférieure) des Grecs. Ses dimensions sont à peu près les mêmes que celles de Porquerolles. Les collines dont la plus haute, les Pierres Blanches, s'élève à 129 mètres, sont presque entièrement couvertes de bois. Une colonie de plus de 100 jeunes détenus y a été fondée. A l'extrémité orientale de l'île se trouvent un phare à feu fixe de troisième ordre, d'une portée de 27 kil., et les restes de l'ancienne tour du Titan. L'île du Levant est la plus remarquable de l'Archipel par ses curiosités minéralogiques: grenats, tourmaline, asbeste, etc.»