Maintenant j’indiquerai très-sommairement les deux autres voyages qui suivirent celui-ci, pour arriver brièvement aux Philippines.

Je restai un mois à terre, entouré de l’affection de ma mère et de mes sœurs; malgré leurs soins assidus, l’ennui ne tarda pas à s’emparer de moi.

Je fis un second voyage à Maurice, et ensuite un troisième aux Philippines.

Je passai trois mois dans le port de Cavite, temps tout à fait insuffisant pour m’initier aux coutumes et aux usages de ce pays, qui me paraissait si différent de tout ce que j’avais vu jusqu’alors, mais assez cependant pour apprécier l’admirable et belle végétation que j’avais déjà remarquée à Sumatra et à Java, et entendu raconter, par les naturels, mille anecdotes sur des races de sauvages qui habitent l’intérieur des montagnes.

Tous ces récits et cette belle et riche nature enflammaient mon imagination et me faisaient vivement désirer d’avoir mon entière liberté, pour parcourir un pays qui avait déjà pour moi tant d’attraits et de merveilles.

De retour en France, je ne rêvais plus qu’à faire un second voyage à Manille.

L’occasion ne tarda pas à se présenter. Un trois-mâts fut annoncé pour les Philippines; j’obtins facilement à m’y embarquer comme médecin.

Je me séparai alors de mon pauvre frère Prudent. Nous nous fîmes nos derniers adieux;—nous ne devions plus nous revoir.

Enfin, après avoir passé six fois le cap de Bonne-Espérance, j’entrepris ce quatrième voyage, qui devait m’éloigner pour vingt ans de ma patrie.

Le 9 octobre 1819, je m’embarquai sur le Cultivateur, vieux trois-mâts à moitié pourri, commandé par un vieux capitaine qui n’avait pas navigué depuis de longues années.