La nuit, elles prennent leur vol, et vont à plusieurs lieues chercher leur pâture.

Elles se nourrissent de fruits, dont elles sucent le jus sans avaler la pulpe. Elles sont aussi carnivores, et sucent le sang des petits animaux qu’elles peuvent prendre, ce qui leur a fait donner le nom de vampires.

La femelle n’a jamais qu’un petit à la fois. Elle l’allaite, le tient accroché à sa poitrine, et le transporte partout où elle va, jusqu’à ce qu’il ait la force de voler.

L’instinct des roussettes leur fait distinguer la différence des moussons. Elles font exactement comme les Ajetas: lorsqu’elles sont à l’ouest des montagnes et que cette mousson remplace celle de l’est, elles quittent leur refuge, partent toutes ensemble, et vont chercher à l’est le même lieu qu’elles avaient abandonné six mois avant pour la même cause.

La chair de la roussette est très-bonne à manger. Les Indiens en font un ragoût particulier qui n’est point à dédaigner.

8. Le galéopithèque (guiga).

Le galéopithèque, nommé guiga par les Indiens, est un joli petit animal de la grosseur d’un lapin de garenne. Sa fourrure, fine et soyeuse, varie beaucoup dans sa couleur. Ainsi, il y en a de tout à fait noirs, de gris de diverses nuances, de jaune nankin, de noirs tachetés de blanc, de gris tachetés de blanc, etc. Il est extraordinaire qu’un animal à l’état sauvage présente une aussi grande variété dans la couleur de sa robe.

Le guiga porte des membranes comme les écureuils volants; il s’en sert pour sauter d’un arbre à l’autre. Il ne se trouve que dans les Bisayas.

Le jour, il demeure caché dans les arbres sur lesquels il peut trouver un trou pour se blottir. Il en sort la nuit pour se nourrir de fruits et d’insectes.

Les Indiens ont une habileté particulière pour préparer leurs peaux, qu’ils vendent généralement aux Américains du Nord.