La culture du tabac est l’une des plus importantes de la colonie.

Le gouvernement espagnol a mis ce produit en régie, et il emploie dans ses deux manufactures de Binondoc et de Cavite 15 à 20,000 ouvriers, hommes et femmes, occupés à la fabrication des cigares et des cigarettes. Cette grande quantité d’ouvriers ne suffit pas à fournir aux besoins de l’exportation et à ceux de la population.

Les seuls produits de la régie des tabacs suffisent et au delà pour couvrir toutes les dépenses du gouvernement colonial.

§ XV.—Culture de l’abaca ou bananier (soie végétale).

L’abaca se cultive exclusivement sur les versants des montagnes. Il pousse vigoureusement dans les terres volcaniques, et s’y reproduit indéfiniment.

La graine, que chaque plante donne abondamment, n’est point employée pour sa reproduction; si l’on s’en servait, il faudrait attendre trop longtemps pour obtenir une première récolte: c’est le pied même d’un vieux plant, préalablement divisé en autant de morceaux que l’on aperçoit d’indices d’où doivent sortir de nouvelles pousses, qui sert à former une nouvelle plantation.

Pendant la saison des sécheresses on prépare le terrain, on coupe toutes les broussailles et les jeunes arbres; on conserve seulement les plus élevés, pour donner de l’ombre. Les deux premières années, lorsque le sol est bien nettoyé, on trace des lignes transversales à la montagne, espacées de 3 mètres ½ les unes des autres. On ouvre, avec une pioche, des trous de 10 à 15 centimètres de profondeur, et d’un diamètre à peu près égal. Aux premières pluies on place un morceau dans chaque trou, et on le recouvre de terre.

Les deux premières années, il faut pratiquer de fréquents sarclages, détruire les broussailles qui gêneraient les jeunes plantes, et à plusieurs reprises, pendant la saison des pluies, remuer la terre avec la pioche.

La seconde année, les longues et larges feuilles, élevées de 4 à 5 mètres du sol, suffisent pour empêcher les herbes et les broussailles de pousser.

Récolte.