Les travaux durèrent huit mois, et pendant ce temps je voyageai continuellement de Manille à Jala-Jala, et de Jala-Jala à Manille.

J’eus de la peine, mais j’en fus bien récompensé quand je vis un village sortir de terre.

Mes Indiens avaient construit leurs cases aux lieux que j’avais indiqués; ils avaient réservé la place d’une église, et en attendant qu’elle fût élevée, on devait célébrer la messe dans le vestibule de ma maison.

Enfin, après bien des allées et des venues qui inquiétaient beaucoup ma femme, je pus lui annoncer que le castel de Jala-Jala n’attendait plus que sa châtelaine.

Ce fut une heureuse nouvelle: nous allions donc bientôt ne plus être séparés!

Je vendis promptement mes chevaux, mes voitures, des meubles inutiles; je frétai une embarcation pour transporter à Jala-Jala ce qui m’était nécessaire, et après avoir pris congé de mes amis, je partis cette fois, le 20 octobre 1825, avec l’intention de ne revenir à Manille que pour une absolue nécessité.

Notre voyage fut heureux.

A notre arrivée nous trouvâmes sur le rivage mes Indiens, qui saluèrent avec des cris d’allégresse la bienvenue de la reine de Jala-Jala.

C’est ainsi qu’ils appelaient ma femme.

Nous consacrâmes les premiers jours de notre arrivée à notre installation. Il fallut meubler notre maison et la rendre utile et agréable; c’est ce que nous fîmes.