Chaque Indien ayant plus de vingt et un ans paye, en quatre termes, une somme annuelle de trois francs; cette taxe est la même pour le riche comme pour le pauvre.

A une certaine époque de l’année, douze des cabessas de barangay sont électeurs.

Ils se réunissent avec quelques anciens habitants du bourg, et élisent, au scrutin, trois d’entre eux, dont les noms sont adressés au gouverneur des Philippines.

Celui-ci choisit parmi ces noms celui qu’il veut, et lui confie, pendant une année, les fonctions de gobernadorcillo, ou petit gouverneur.

Pour se distinguer des autres Indiens, le gobernadorcillo porte une baguette en rotin, à pomme d’or, avec laquelle il a le droit de frapper ceux de ses concitoyens qui ont commis de légères fautes.

Ses fonctions tiennent à la fois de celles des maires, des juges de paix et des juges d’instruction.

Il veille au bon ordre, à la tranquillité publique; il juge sans appel les différends et les procès dont l’importance ne dépasse pas 16 piastres (ou 80 francs).

Les dimanches, après les offices, le gobernadorcillo réunit à la maison communale les anciens du bourg et les officiers de justice, pour discuter et arrêter avec eux toutes les affaires administratives. C’est aussi le dimanche, en conseil, qu’il consulte les anciens pour tous les procès dans lesquels il ne se croit pas suffisamment éclairé. C’est alors un véritable jury de patriarches qui juge sans appel et sans partialité.

Il instruit aussi les procès criminels de haute importance: seulement là s’arrête son pouvoir.

Les dossiers de ces procès sont envoyés par lui au gouverneur de la province, qui les remet, à son tour, à la cour royale de Manille.