Mais pour quelque garçon gentil
Peut-être êtes-vous plus doucette?
FANCHETTE
Non, tout homme est près de Fanchette
Gagne-petit.
Une chanson, connue en beaucoup de pays de France, raconte la ruse dont se servit une couturière pour repousser un galant trop pressant; en voici le début. Les couplets qui suivent étant un peu lestes, je ne puis que les résumer:
Dedans Paris y a
Un' jolie couturière,
De chaqu' point qu'elle faisait.
Son cher amant la regardait.
Elle commet l'imprudence de le suivre au bois, où son honneur est en danger; alors elle lui promet «trois chevaux que le roi n'en a pas de plus beaux.» C'étaient des chevaux en peinture, et elle le congédie en se moquant de lui.
Les autres chansons populaires, où il est parlé des couturières, appartiennent au genre gracieux et galant; quelques-unes sont à double sens. Elles sont en général le développement du couplet de celle-ci, qui est très connue en Haute-Bretagne:
Petite couturière,
Viens travailler chez moi,
Tu n'auras rien à faire,
Tu seras bien chez moi.
En Haute-Bretagne, les tailleuses ont leur fête à la Trinité. Ce jour-là elles mettent à leur porte un bouquet; parfois ce sont les jeunes gens qui sont venus le leur offrir.
[Illustration: Femme cousant, d'après Chodowiecki.]