Ell' li dijot: Min Narcisse.
D'main t'aras du pain n'épice,
Du chuc à gogo
Si t'es sache et qu'te fais dodo.

Et si te m'laich' faire eun' bonn' semaine
J'irai dégager tin biau sarrau,
Tin patalon d'drap, tin giliet d'laine …
Comme un p'tit milord, te s'ras farau!

J't'acat'rai, l'jour de l'ducasse,
Un polichinell' cocasse,
Un turlututu
Pour juer l'air du Capiau pointu.

Le premier dimanche de septembre, les dentellières de la rue Schaerbeek, à Bruxelles, se réunissent pour offrir un manteau à Notre-Dame de Hal. Un corps de musique accompagne la procession jusqu'à l'estaminet, et donne une aubade à chaque église devant laquelle passe le cortège. Les ouvriers sont souvent déguisés, les dentellières sont en habits de fêtes. À Hal on trouve un repas servi dans une grange, on y passe la nuit et l'on rentre à Bruxelles dans le même ordre.

Il y avait à Bruxelles une chapelle dite de Notre-Dame-aux-Neiges. Le 4 août les ouvrières en dentelles y allaient prier pour que leur ouvrage pût, par la protection de la Vierge, conserver sa blancheur. Sous la domination des Français la chapelle fut démolie, mais il fallut un détachement de troupes pour protéger les ouvriers contre la populace qui vint les assaillir.

Voici une fable espagnole de Thomas de Yriarte qui est en relation avec ce métier. Près d'une dentellière vivait un fabricant de galons.—Voisine, lui dit-il un jour, qui croirait que trois aunes de ta dentelle valussent plus de doublons que dix aunes de galon d'or à deux carats?—Tu ne dois pas t'étonner, dit la dentellière, que la valeur de ma marchandise soit si fort au-dessus de la tienne, quoique tu travailles l'or et moi le fil; cela tient à ce que l'art vaut plus que la matière.»

[Illustration: Dentellière hollandaise, gravure d'après Miéris
Seguin (La Dentelle).

(Rothschild, éd.)]

LES MODISTES

Au milieu du siècle dernier, les «modistes» étaient les personnes, sans distinction de sexe, qui s'attachaient à suivre les modes. C'est le seul sens donné par le Dictionnaire de Trévoux. À la Révolution les faiseuses et les marchandes de modes formaient une corporation, dans les attributions de laquelle rentraient, non seulement les coiffures des dames, mois une grande partie de la toilette féminine. Les ouvrières étaient des «filles de modes», Restif de la Bretonne les a aussi appelées «modeuses».