—Tàthàd le goirîd à ghobha, agus Tâthahd leobharan
t-saoir.—La prompte soudure du forgeron, le long ajustage
du charpentier. (Proverbe gaélique.)
—Heb ar skodou hag ar c'hoat-tro
'Ve muioc'h kilvizien hag a zo.
N'étaient les noeuds et le bois tordu,—Il y aurait plus
de charpentiers qu'on n'en voit. (Basse-Bretagne.)
—Les charpentiers gagnent hors de la maison.—Le salaire
des charpentiers est hors du village. (Russie.)
—Les menuisiers et les charpentiers sont damnés par le bon
Dieu, parce qu'ils ont abîmé beaucoup de bois. (Russie.)
Une petite légende nivernaise raconte qu'autrefois les scieurs de long avaient beaucoup de peine à fendre leurs pièces, parce qu'ils ne pensaient pas à les assujettir, comme ils font aujourd'hui au moyen de cales. Un jour que le corbeau les voyait s'éreinter sans parvenir à mettre leur poutre d'aplomb, il se prit à crier: «Cal' la! Cal' la!» Les scieurs de long comprirent, calèrent la pièce et tout alla bien.
Il n'est rien qui soit aussi désagréable aux charpentiers que les noeuds du bois, surtout ceux de certaines espèces. D'après une légende provençale, à l'heure de sa mort, saint Joseph, le divin charpentier, enveloppa d'un immense pardon tout ce qui l'avait fait souffrir sur la terre, mais les noeuds du pin ne furent pas compris dans cette suprême absolution.
Suivant plusieurs récits populaires, autrefois le bois était sans noeuds, et ils doivent leur origine à une punition céleste.
On raconte en Alsace qu'à l'époque où Jésus et saint Pierre parcouraient les villes et les villages avec violon et contrebasse et chantaient, devant les maisons, des cantiques spirituels, ils arrivèrent un dimanche devant une auberge où des charpentiers se livraient à une joie sauvage en buvant et en jouant. Ceux-ci leur commandèrent d'entrer et de leur jouer des airs de danse. Comme Jésus et saint Pierre s'y refusaient, les charpentiers sortirent en foule, les saisirent, les battirent et brisèrent leurs instruments. Quand les deux musiciens furent débarrassés de ces vilains compagnons, saint Pierre, indigné d'un tel traitement, pria le Seigneur de faire suivre le crime d'un châtiment sévère et qui ne finirait jamais. «Il faut que tu leur changes, dit-il, le bois qu'ils ont à tailler en corne des plus dures.» Le Seigneur répondit: «Non, Pierre, le châtiment ne doit pas être si grand, mais je le rendrai suffisant pour rappeler leur méfait. Le bois que les charpentiers travaillent aura la dureté que tu désires, mais à certaines places seulement.» Et depuis ce jour les charpentiers trouvent dans le bois ces noeuds qui leur donnent souvent tant de mal.
[Illustration: Compagnon charpentier, d'après l'Histoire des
Charpentiers. (1851).]