Actuellement, à Paris, on donne le nom de tonneliers à des gens dont le métier consiste surtout à soutirer le vin, à le mettre en bouteille et à le cacheter. Leur boutique est signalée par un broc suspendu au-dessus de la devanture; quelquefois on voit en haut un petit tonneau, un seau et un broc.
Voici, dans les cris du XVIIe siècle, le quatrain qui concerne les tonneliers ambulants:
Tinettes, tinettes, tinettes!
A beaucoup de gens sont propices,
Et si font beaucoup de services,
Regardez: elles sont bien nettes.
À Londres, au siècle dernier, le cri était:
—Any work for the Cooper!—Avez-vous de l'ouvrage pour le tonnelier?
L'épigramme des Cris de Londres fait en ces termes l'éloge d'un tonnelier populaire: Aucun tonnelier, qui parcourt les rues, ne peut être comparé à William Farrell, pour le raccommodage soigné d'un baquet ou la façon dont il remet le cercle à un baril. Quand on enlève la bonde, si l'on donne un coup au tonneau, je vous engage à prendre le vieux Farrell, de préférence à tout autre tonnelier. Car, quoiqu'il ait toujours aimé le liquide et ne peut s'empêcher d'y goûter, il est sensible à cette bonne maxime: le péché consiste à abuser.
La fabrication des cuviers rentrait dans les attributions des tonneliers, comme cela a encore lieu à la campagne, et c'étaient eux aussi, suivant toute vraisemblance, qui faisaient les couvercles à lessives. Cette dernière industrie semble, d'après les Cris de Paris de la fin du XVIe siècle, avoir été exercée par des artisans de la campagne, qui venaient les débiter à la ville:
Après toutes les matinées,
Vous orrez ces villageois,
Qui vont pour couvrir les bues,
Criant: «Couvertouez! couvertouez!»
Le rôle des tonneliers, dans les traditions populaires de France, est très restreint.
En Gascogne et dans le Quercy, on chante la chanson du Tonnelier de
Libos, les deux versions sont incomplètes: