Un peu plus tard, d'après la Chanson nouvelle des Cris de Paris, on criait:
Charbon de rabais en grève,
Le minot à neuf douzaines.
Au XVIIe siècle, les cris pour le charbon étaient:
Charbons de jeune bois!
Il n'est qu'à trois sols le minot!
Il est en grève, en batteau:
Qui en voudra vienne voir.
Charbons de jeune bois!
J'en amenai encore hier.
Surtout ne crains que du gruyer
Le rencontrer par où je vais.
Le crocheteur annonçait la vente des cotrets et du menu bois:
Je crie: Coterets, bourrées, buches!
Aucune fois: Fagots ou falourdes!
Quand je vois que point on ne me huche,
Je dis: Achetez femmes lourdes!
Les charbonniers de Paris, originaires pour la plupart de l'Auvergne, ont l'habitude de signaler leurs boutiques par des décorations parlantes. C'est une tradition qui est observée à tel point, qu'il serait difficile de trouver une boutique, même la plus pauvre, qui ne fût pas ornée de peintures. M. Félix Régamey a dessiné, dans la Plume (janvier 1895), un certain nombre de ces curieuses enseignes. Nous en reproduisons une ci-dessous.
À l'industrie du chauffage se rattachent les marchands de mottes. Leurs cris se font entendre, surtout en hiver, et dans les quartiers pauvres. L'un des plus populaires, vers 1850, était celui-ci, qu'un couple de revendeurs, homme et femme, chantait alternativement: «Des bons poussié' d'mott's, des mott's à brûler, des mott's!» ou bien: «Qui veut des mott's? qui veut des mott's? achetez tous du poussié d'mott's!» Tantôt ces marchands poussaient devant eux une petite charrette, tantôt ils portaient sur le dos une petite hotte dans laquelle ils entassaient les mottes à brûler.
[Illustration: Enseigne de charbonnier, d'après Félix Régamey.]