C'est un drôle de chaudronnier
Qui s'appelait Grégoire.
Un jour passant par Chaumont,
Pour y vendre ses chaudrons,
Fut bien attrapé,
Fut bien étrillé
Par trois jeunes filles
Gaillardes et gentilles.

Il s'en va par la ville,
Criant à voix haute:
—Argent de tous mes chaudrons!
Trouve z une belle brune.
Parfaite en beauté:
—O z en vérité,
Oh! mademoiselle,
Que vous êtes belle!

Je voudrais pour tous mes chaudrons
Petite brunette,
Avoir fait collation
Avec vous seulette…

—Entrez dans ma chambre,
J'en suis bien contente,
Nous ferons sans façon
La collation.

Quand la belle eut la bourse:
—Notre affaire est faite.
Attendez un petit moment,
J'y reviens dans l'instant;
Je m'en vais chez Martin,
Chercher du bon vin,
Car il nous faut faire
Une bonne chère.

La belle fut avertir
Trois de ses voisines.
Elles sont venues toutes les trois
Comme à la sourdine,
Donner du balai
Sur le chaudronnier.
Son pauvre derrière
Paya le mystère.

—Aïe! aïe! ne frappez pas tant.
Laissez ma culotte,
Que les cent diables soient de l'amour!
Jamais je ne le ferai de mes jours.

Voilà mes chaudrons
Tous en carillon;
Tout mon ballottage
A resté pour gage.

Dans le Lot on chante sur un air qui rappelle le cri modulé de l'étameur une chanson où un de ces artisans, également galant, a un rôle plus avantageux. Il est vrai que cette chanson a été transmise par les étameurs ambulants:

Se n'és un paouré peyré Qué sé boulio marida.