CHAUDRONNIERS.—Dictionnaire de Trévoux.—Lecoeur, Esquisses du Bocage normand, I, 51; II, 62.—Les Français peints par eux-mêmes, II, 169, 368.—Régis de la Colombière, Les Cris de Marseille, 214.—Clément-Janin, Blason populaire de la Côte-d'Or, Dijon, 31.—Amélie Bosquet, La Normandie romanesque, 363.—E. Rolland, Rimes et Jeux de l'enfance, 321.—Baudouin, Glossaire du patois de la forêt de Clairvaux (Aube).—Ancien théâtre français, I, 63, 90, 110; II, 10, 116.—Folk-Lore Record, II, 77.—Blason populaire de Villedieu-les-Poêles, 79.—Blavignac, l'Empro genevois, 302.—Michelet, Origines du droit français, 196.—Folk-Lore Journal, IV, 260.—Comte de Puymaigre, Chansons populaires du pays messin, I, 203.—Daymard, Vieilles chansons du Quercy, 156.—J.-F. Bladé, Contes populaires de Gascogne, III, 362.—Loys Brueyre, Contes populaires de la Grande-Bretagne, 31.—X. Marmier, Contes populaires de différents pays, II, 297.
SERRURIERS.—Larchey, Dictionnaire d'argot.—Revue des Traditions populaires, X, 31.—Régis de la Colombière, Cris de Marseille, 175.—Ouin Lacroix, Histoire des Corporations de Normandie, 184.—G.-S. Simon, Études sur le Compagnonnage, 94, 105.—Blavignac, l'Empro genevois, 365.—Le Conteur vaudois, 30 juillet 1887.—Communication de M. Alfred Harou.—Wisla, 1893, 309.—Communication de M. Vladimir Bugiel.
CLOUTIERS.—Recueil des Noëls anciens au pays de Besançon, 1773, 111.—Lecoeur, Esquisses du Bocage normand, I, 49.—A. Perdiguier, Le livre du Compagnonnage, I, 44.—Grimm, Veillées allemandes, I, 121.
[Illustration: Étameur ambulant, d'après le Jeu brûlant des
Enseignes (1823).]
LES IMPRIMEURS
Lorsque l'imprimerie fut inventée, ou, pour parler plus exactement, quand on imagina les caractères mobiles, la Renaissance n'était pas loin, et le temps était déjà passé où toute chose qui étonnait s'expliquait par une légende: un peu plus tôt, on aurait sans doute attribué à des causes surnaturelles, aux saints ou plus probablement au diable, l'origine de cet art, d'une si incomparable puissance pour la conservation et la diffusion de la pensée humaine. Il est juste de dire que la typographie ne frappa pas tout d'abord les imaginations, et qu'au début l'on n'y vit qu'un procédé plus rapide, plus économique et plus régulier que l'écriture; au XVe siècle, personne n'aurait pensé à écrire la phrase célèbre de Victor Hugo: Ceci tuera cela.
Cent ans après les premiers essais de l'imprimerie, en plein mouvement de la Réforme, on a pu constater que les idées n'ont point de véhicule plus puissant, et plusieurs villes revendiquent l'honneur d'avoir vu les premières presses fonctionner dans leurs murs.
À Strasbourg, on prétendit qu'un certain Jean Mentelin, citoyen de cette ville, avait inventé l'imprimerie, et qu'ayant confié son secret à un de ses serviteurs, Jean Goensfleich, natif de Mayence, celui-ci l'aurait transmis à Gutenberg, qui, n'osant s'en servir à Strasbourg, alla à Mayence, où parurent les premiers produits de cet art nouveau. La Revue d'Alsace de 1836, à laquelle nous empruntons ces détails, extraits d'une ancienne chronique manuscrite, dit que ce même document ajoute plus loin: Dieu, qui ne laisse aucune infidélité sans châtiment, punit Goensfleich en le privant de la vue. Ce dernier trait, où figure une des punitions familières à la Légende dorée, constitue déjà une circonstance merveilleuse; à la fin du XVIe siècle, un chroniqueur hollandais nous en donne une autre:
En 1588, dans un livre intitulé Batavia, Adrien Junius disait avoir appris d'hommes respectables par leur âge et les fonctions qu'ils avaient exercées, une tradition qu'ils tenaient de leurs ancêtres. Un jour, vers 1420, Laurent Jean, surnommé Coster, se promenant dans un bois voisin de la ville, comme font après les repas ou les jours de fêtes les citoyens qui ont du loisir, se mit à tailler des écorces de hêtre en forme de lettres, avec lesquelles il traça sur du papier, en les imprimant l'une après l'autre en sens inverse, un modèle composé de plusieurs lignes, pour l'instruction de ses petits-fils. Encouragé par ce succès, son génie prit un plus grand essor, et d'abord, de concert avec son gendre, il inventa une espèce d'encre plus visqueuse et plus tenace que celle qu'on emploie pour écrire, et il imprima ainsi des images auxquelles il avait ajouté ses caractères en bois. Adrien Junius était un savant, et il n'est pas difficile de reconnaître dans ce récit une variante de l'ancienne légende grecque, bien connue à l'époque de la Renaissance, du berger qui, voyant l'ombre de sa fiancée se projeter sur le sable, imagina d'en cerner les contours, et inventa ainsi l'art du dessin; il est vraisemblable que Junius ou les personnes qu'il cite s'en inspirèrent pour justifier les prétentions des Hollandais à la priorité d'une des inventions qui font le plus honneur à l'esprit humain.
L'imprimerie eut le sort commun à toutes les découvertes qui froissent des préjugés ou lèsent des intérêts. Les écrivains ou copistes, que ruinait le bon marché des livres sortis des premières presses, et dont l'aspect rappelait les manuscrits, ne trouvèrent rien de mieux, pour se débarrasser de cette concurrence, que de lancer contre les imprimeurs l'accusation de sorcellerie. On ne connaît pas le détail des griefs qu'ils formulèrent; ils devaient différer assez peu de ceux qui étaient d'usage en semblable occurrence: pacte avec le diable, intervention de puissances surnaturelles et impiétés. Selon Voltaire, qui ne cite pas la source de cette anecdote, ils avaient intenté un procès à Gering et à ses associés, qu'ils traitaient de sorciers. Le Parlement commença par faire saisir et confisquer tous les livres. C'est alors que le roi intervint entre les persécutés et le tribunal persécuteur. «Il lui fit défense, dit Voltaire, de connaître de cette affaire, l'évoqua à son conseil, et fit payer aux Allemands le prix de leurs ouvrages.»