On disait, au XVIe siècle, d'un voleur, qu'il était «fidèle comme un meunier» (p. 3). Maintenant encore, la malice populaire s'exerce souvent à son égard:
Na pa rafe ar vilin nemet eun dro krenn, Ar miliner 'zo sur d'oc'h he grampoezenn.
Le moulin, ne donnât-il qu'un tour de roue.—D'avoir sa
crêpe le meunier est certain. (Basse-Bretagne.)
Quant lou mouliè ba hè mole. Trico traco, dab la molo. Dou bèt blat, dou fin blat, Quauque coupet de coustat.
Quand le meunier va faire moudre,—Tric trac, avec sa meule.—Du beau blé, du fin blé,—Il met quelque mesure de côté. (Gascogne.)
—Waar vindt men een molenaarshaan, die nooit een gestolen
graantje gepikt heeft?—Où trouve-t-on un coq de meunier
qui n'a jamais picoté un grain de blé volé? (Flandre).
—Als de muis in den meelzak zit, denkt zij, dat ze de molenaar zelf is.—Quand la souris est dans le sac à farine elle se croit le meunier lui-même. (Flandre.)
—Quannu li mulinara gridanu curri à la trimogna.—Quand le meunier crie, cours à la trémie. (Sicile.)
À Saint-Malo, on dit aux petits enfants, en les faisant sauter sur les genoux:
Dansez, p'tite pouchée,
Le blé perd à la mouture,
Dansez, p'tite pouchée,
Le blé perd chez le meunier.
Les meuniers sont des larrons,
Tant du Naye que du Sillon.