Après avoir franchi la chaussée de l'étang Priou, à la sortie de Moncontour, on gravit, pour atteindre le haut de la colline sur laquelle est bâtie la chapelle de Notre-Dame-du-Haut, un sentier qui passe sur les rochers qui s'étagent tout le long du coteau. La sainte famille fuyant la colère d'Hérode, a suivi ce chemin pour se rendre en Egypte, et elle y a laissé des traces de son passage; sur le premier rocher on remarque une empreinte de pied d'enfant: la sainte Vierge, fatiguée de porter le petit Jésus, le déposa un instant à terre, et l'empreinte du petit pied y est restée gravée.
Un peu plus loin, la Vierge tomba de fatigue sur un rocher, et sa jambe y est restée empreinte; la marque toutefois affecte la forme d'une cuisse plutôt que celle d'une jambe. Autrefois les vieillards se mettaient à genoux dans ces deux endroits, et après avoir nettoyé les deux empreintes, ils les baisaient respectueusement. J'ai, dans mon enfance, été maintes fois témoin de cette scène de dévotion, qui est aujourd'hui tombée en désuétude. Du reste un exhaussement du chemin a enfoui cette empreinte.
À quelques pas de là on voit une pierre en forme de chaise; la sainte Vierge s'y reposa, et y donna à boire à l'enfant Jésus: une goutte de lait qui tomba sur le granit s'y est pétrifiée; c'est elle qui a produit la tache blanche que l'on remarque sur la paroi du rocher.
(Recueilli par M. J. Carlo).
À Cesson le pas de la Vierge est un étroit sentier pratiqué dans la montagne, que l'herbe ne recouvre jamais et par lequel la mère de notre Seigneur gravit un jour la côte. Elle était rendue de fatigue, et s'arrêtant au lieu où depuis on lui bâtit une chapelle, elle dit à saint Syphorien qui l'accompagnait: «Nous avons bien assez monté, cessons», d'où le nom de la commune de Cesson.
(Habasque. Notions historiques sur les Côtes-du-Nord, t. II, p. 313).
Habasque ajoute que de son temps cette tradition était connue de tous les habitants du bourg; mes amis de Saint-Brieuc m'ont assuré qu'elle était encore populaire.
À Ménéac on montre trois vestiges que les pieds de la sainte Vierge ont imprimés sur une roche, et, quand les petits enfants tardent trop à marcher, on leur met les pieds dans ce creux.
(Mahé, Antiquités du Morbihan, p. 445.)