Un jour que saint Antoine se promenait dans le pays breton avec un autre saint, il fit rencontre d'un cochon, en vous respectant. Comme il n'avait point de domestique, il lui prit envie d'en avoir un et il dit à son compagnon:
—Il faut que je transforme ce cochon en Breton; c'est lui qui sera mon domestique.
Il prit le cochon par les jambes de devant et le fit se planter sur ses jambes de derrière, puis il récita une prière, et aussitôt le cochon devint semblable aux Bretons qui viennent en pèlerinage à Saint-Mathurin de Moncontour.
C'est depuis ce temps qu'on appelle saint Antoine le patron des cochons, et c'est aussi depuis cette époque qu'on dit en sobriquet en parlant des Bas-Bretons:
Bretons Cochons. (Conté en 1883, par J.-M. Comault).
En Haute-Bretagne, saint Antoine est toujours accompagné de son cochon; on y dit en proverbe: «Tu vas de porte en porte comme le pourcé de saint Antoine», ce n'est qu'une forme patoisée d'un dicton très usité au moyen-âge.
Leroux de Lincy, Livre des Proverbes, cite un dicton apparenté à celui que les Gallos adressent aux Bas-Bretons:
Breton, cochon, Français, polisson. Français, polisson.