À la nouvelle de cette découverte, des flots de fidèles accoururent, les mains pleines d'offrandes, pour obtenir les grâces et la protection de Notre-Dame du Roncier, qui dans ce lieu d'élection, opérait chaque jour des merveilles. Alors une sainte chapelle fut construite pour y déposer la statue vénérée et bientôt des maisons s'élevèrent dans ce lieu béni.

L'ancienne édition d'Ogée reproduit des passages d'un livre, probablement du XVIIe siècle, intitulé Le Lis fleurissant parmi les épines ou Notre-Dame du Roncier triomphante dans la ville de Josselin, par le P. I. de I. M.

Vers l'an 808, un paysan cultivant la terre, au lieu même où l'on a bâti l'église de Notre-Dame, et coupant des ronces avec un faucillon que l'on voit encore suspendu à la voûte de l'autel, y déterra l'image consacrée. Le P. I. assure que rien n'extirperait les ronces attachées à l'un des pignons de l'église, et que le faucillon, suspendu au-dessus de l'image miraculeuse, paraît neuf comme s'il sortait de la main du maréchal. Il y a aussi à Rostronen une église de Notre-Dame du Roncier.

XXXVII

Notre-Dame du Nid de Merle

La forêt de Rennes portait au XIIe siècle le nom de forêt du Nid de Merle. Il y a bien longtemps un jeune garçon qui gardait son troupeau dans la forêt, aperçut une lumière dans le feuillage d'un buisson. L'enfant s'arrête étonné; il regarde plus attentivement et reconnaît que cette lueur sort d'un nid construit là par un merle; il écarte les branches, et trouve couchée sur un lit de mousse une toute petite statue de la sainte Vierge jetant autour d'elle une céleste clarté. Il l'enlève doucement et va la porter chez le curé de la paroisse, qui la place dans son église. Le lendemain, il n'y trouve plus la statue. Le pâtre s'enfonça dans la forêt et la retrouva dans le nid de merle qu'elle avait choisi pour demeure. Trois fois il rapporta au curé ce précieux trésor, trois fois la Vierge retourna dans le petit nid. On prit alors le parti d'y construire une chapelle qui reçut le nom de Notre-Dame du Nid de Merle; non loin de là s'éleva l'abbaye de Saint-Sulpice, dont les bénédictins conservèrent avec soin la petite statue.

(Guillotin de Corson. Semaine religieuse du 31 mai 1873).

M. le chanoine Guillotin de Corson m'écrit que cette légende lui a été racontée dans le pays; il y avait à Rennes, dans la rue du Griffon, une statuette assez fruste qui retraçait ce miracle.

À Sulniac, au hameau de la Vraie-Croix, où l'on parle français, alors que dans le reste de la commune le breton est usité, est une chapelle dont la légende raconte ainsi l'origine:

Un croisé rapportant un fragment de la vraie croix s'arrêta à cet endroit et y perdit sa relique; il la rechercha vainement, et partit. Peu après, on vit au haut d'une aubépine un nid de pie qui jetait pendant la nuit une vive clarté. La pie avait volé le fragment de la vraie croix. On fit construire une chapelle pour la recevoir; mais toujours la relique retournait au nid de pie, et l'on finit par comprendre qu'elle voulait y rester. Alors on bâtit une seconde chapelle, de façon à ce que le fragment de la vraie croix fût placé à la hauteur même où était le nid.