Les paysans des environs viennent parfois y prier. Elle est connue sous le nom de sainte Pataude, nom qui lui avait été donné ironiquement par les royalistes. On sait que pendant la période révolutionnaire les chouans désignaient les républicains par le sobriquet de Pataud.
(Goudé, Histoires et légendes du pays de Châteaubriant, p. 352; P. Bézier, La forêt du Theil, p. 22).
Sur l'emplacement de l'ancien cimetière d'Ercé-près-Liffré, qui était autour de l'église, est un petit tombeau surmonté d'une statuette de la Vierge en faïence. C'est là que gît la sainte de Chasné, au tombeau de laquelle on fait des neuvaines. Personne ne sait son vrai nom. Sa réputation de sainteté vient, m'a-t-on assuré, de ce que, en détruisant l'ancien cimetière, on trouva un cadavre entier. On se rappela que jadis on avait enterré en cet endroit une femme qui avait supporté avec une résignation exemplaire les mauvais traitements de son mari, et l'on conclut que son corps n'ayant pas été soumis à la pourriture, elle était sainte.
(Paul Sébillot, Traditions et superstitions, t. I p. 331.)
Saint Rou était un fameux chasseur. Il arriva dans une lutte contre une troupe de sangliers que son cheval s'emporta et vint se noyer dans la fontaine. On y montre au fond sur une pierre énorme l'empreinte de ses pieds, et durant les tempêtes, on y entend des hennissements effroyables. Le cavalier se noya aussi, et comme c'était un saint, l'eau de la fontaine a une vertu miraculeuse.
(Henri de Kerbeuzec, La Légende de saint Rou, Rennes 1891).
Cette légende qui a été recueillie dans la forêt de Rennes, vise un saint dont une de mes conteuses m'avait parlé en 1880. D'après elle, la statuette du saint, en grès verni, se voyait dans une niche près d'une fontaine, et était coiffée d'un chapeau à trois cornes, à la mode du siècle dernier. On s'y rend en pèlerinage pour la fièvre. Souvent les pâtours vont chercher saint Rou pour s'amuser, et ils oublient parfois de le rapporter dans sa niche; ils l'attachent même quelquefois à des barrières, mais le lendemain on le retrouve à sa place. On avait voulu le porter dans l'église de Liffré; mais il s'y déplaisait, et il revint de lui-même dans sa niche auprès de sa fontaine.
(Paul Sébillot, Traditions, t. I, p. 322).
D'après une lettre de l'auteur de la légende de saint Rou, ce saint est en bois vermoulu, d'un travail très grossier.