[436]: «Cette époque est dure pour les poëtes, disait un critique pourtant assez engagé alors dans le mouvement politique de 1830; ce temps-ci est peu propre aux poésies consciencieuses, au culte de l'art du dix-septième siècle. Nous trouvons que l'atmosphère en est lourde, qu'on respire mal dans cette poussière d'opinions et de croyances...» (Nisard, Victor Hugo en 1836. Ce morceau a été inséré dans les Portraits et Études d'histoire littéraire.)
[437]: George Sand écrivait en 1833: «Les ambitions ont pris un caractère d'intensité fébrile; les âmes surexcitées par d'immenses travaux ont été éprouvées tout à coup par de grandes fatigues et de cuisantes angoisses. Tous les ressorts de l'intérêt personnel, toutes les puissances de l'égoïsme, tendus et développés outre mesure, ont donné naissance à des maux inconnus auxquels la psychologie n'avait pas encore assigné de place dans ses annales.»
[438]: M. Esquirol dit quelque part: «L'influence de nos troubles politiques a été si profonde, que je pourrais donner l'histoire de notre révolution, depuis la prise de la Bastille jusqu'à la dernière apparition de Bonaparte, par celles de quelques aliénés dont la folie se rattache aux événements qui ont signalé cette période de notre histoire.»
[439]: Un critique distingué de l'école démocratique et libre penseuse, M. Schérer, a écrit à ce propos: «Le romantisme a été une révolution, et l'on peut demander de lui, comme de la plupart des révolutions, s'il a fait ses frais. Comme la plupart des révolutions, il a détruit plus qu'il n'a édifié. Il a été un 92 littéraire, 92 suivi d'un 93, et 93 suivi d'un Directoire. Il a eu son Mirabeau, ses girondins, ses terroristes et enfin ses muscadins.»—S'il fallait en croire certains esprits, ce ne serait pas seulement en littérature que le romantisme aurait été un 93. M. John Lemoinne, dans son discours de réception à l'Académie, a raconté l'anecdote suivante: «Je me rappelle qu'un matin, dans les plus mauvais jours de 1871, M. Thiers, que j'étais allé voir à Versailles, m'ayant demandé des nouvelles de M. de Sacy, je lui répondis qu'il continuait à être amoureux de ses vieux livres et à ne pas connaître les romantiques. Et M. Thiers me dit, avec cette vivacité dont vous avez le souvenir: Ah! il a bien raison, Sacy; les romantiques, c'est la Commune!»
[440]: Expressions de Lamartine.
[441]: Voyez la Préface que Lamartine a mise en tête de ses Discours (1849).
[442]: Correspondance de Lamartine, t. IV, V, VI.
[443]: M. de Lamartine en 1837, par M. Nisard, étude publiée par la Revue de Paris, et reproduite depuis dans les Portraits et Études d'histoire littéraire.
[444]: Article sur les Recueillements poétiques (1839), inséré dans les Portraits contemporains, t. I, p. 349.
[445]: N'est-ce pas Victor Hugo qui disait, précisément en 1830, dans la pièce qui sert de préface aux Feuilles d'automne: