[665]: Toutefois, dans cette même lettre, le commandant Gallois dissimule étrangement l'infraction la plus grave qu'il ait faite à ses instructions; il dit en effet: «J'avais ordre d'attendre à Ancône un délégué de M. de Sainte-Aulaire: mais, cet envoyé ne s'étant pas présenté, j'ai jugé convenable de débarquer sans lui...» Or, comme je l'ai raconté, d'après le témoignage précis et formel de M. de Sainte-Aulaire, l'agent consulaire s'était au contraire transporté auprès du commandant Gallois et lui avait transmis les ordres de l'ambassadeur, ordres de ne rien faire jusqu'à nouvel avis. Nous ne nous chargeons pas d'expliquer par quelle équivoque ou quel malentendu le commandant a cru pouvoir nier un fait si bien établi. M. Casimir Périer lui-même avait été un moment induit en erreur par l'assertion de M. Gallois et avait par suite reproché à M. de Sainte-Aulaire sa négligence. Ce dernier se justifia par un mémoire où il rétablit les faits tels que je les ai rapportés. Plusieurs historiens, entre autres M. de Nouvion, ont eu le tort de suivre sur ce point la version du commandant Gallois.
[666]: C'est lui qui devait, en 1847, être condamné, avec M. Teste, par la cour des pairs, pour crime de corruption.
[667]: Quelques jours plus tard, le 28 février, le général Cubières écrivait d'Ancône à M. de Sainte-Aulaire: «Il ne faut pas oublier que cette affaire, si elle n'eût pas été brusquée, n'aurait jamais eu de fin.»
[668]: Correspondance diplomatique des ministres avec M. de Barante. (Documents inédits.)
[669]: «La plus parfaite intelligence, disait le Journal officiel, est établie, en ce moment, entre nos troupes et les autorités locales. Nos troupes occupent la citadelle conjointement avec celles du Saint-Siége.»
[670]: Séances des 6, 7 et 8 mars 1832.
[671]: Même embarras alors dans la presse de gauche. Le National posait, le 7 mars, ce dilemme: ou bien le drapeau tricolore se retirera honteusement, ou bien il aura un effet révolutionnaire. Il déclarait que «M. de Metternich serait fou s'il permettait que nous nous établissions à Ancône». Du reste, à l'entendre, notre intervention n'était qu'un «simulacre d'intervention»; le ministère «l'avait faite à sa taille, petite et ridicule».
[672]: Au même moment, le Journal des Débats, faisant écho aux discours de ses amis, disait, le 8 mars: «Garantir les États du Pape et se donner par cette garantie droit d'intervention, afin de ne pas laisser ce droit à l'Autriche seule, telle a été la politique du gouvernement... Le Pape est un prince italien, indépendant; nous devons donc maintenir l'intégrité et l'indépendance des États du Pape, et les maintenir contre l'influence d'un seul protecteur. Telle est encore une fois la pensée de notre expédition. Cette pensée est bonne; peu importent maintenant les détails, qui ne peuvent changer la chose en elle-même. Ce n'est pas une expédition de révolution, c'est une expédition d'intérêt: voilà pourquoi ce ne sera pas une cause de guerre.
[673]: Voyez la correspondance du chancelier d'Autriche avec le comte Apponyi, du 29 février au 23 mars 1832, et les dépêches de la même époque adressées aux autres ambassadeurs d'Autriche. (Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 273 à 284, 317 à 320.) Correspondance de l'ambassadeur français à Vienne, citée par M. d'Haussonville. (Histoire de la politique extérieure du gouvernement français, 1830-1848, t. 1er, p. 38.)
[674]: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. 1er, p. 272-273, et Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 277.