[715]: Le président déclarait «déplorer le sort de ces jeunes gens dont le cœur est plein de sentiments généreux et qui n'étaient pas nés pour l'humiliation de ces bancs»; puis il ajoutait, en s'adressant aux jurés: «Comme juges, si vous apercevez des coupables, vous sévirez; mais si vous ne remarquez dans la cause que de l'inexpérience et un enthousiasme irréfléchi, comme pères, vous saurez absoudre.»
[716]: Godefroy Cavaignac faisait partie des jeunes républicains que M. Thiers avait conduits au Palais-Royal, dans la soirée du 31 juillet 1830. Le duc d'Orléans ayant, dans la conversation, dit un mot des égarements de la Convention, Cavaignac l'avait interrompu avec une vivacité quelque peu impérieuse: «Monseigneur, avait-il dit, oublie que mon père était de la Convention.—Le mien aussi, monsieur,» avait repris le duc. M. Louis Blanc raconte que Cavaignac lui parlant un jour de l'Histoire de dix ans et du chapitre où hommage était rendu aux qualités militaires de son frère: «Sais-tu, lui disait-il, ce qui dans ce chapitre m'a particulièrement touché? C'est la note qui apprend au lecteur que le Cavaignac d'Afrique est mon frère. Mais pourquoi n'as-tu pas ajouté qu'il est le fils de cet autre Cavaignac...?» Il regarda le ciel et ne put continuer, tant il était ému.
[717]: J. Stuart Mill, racontant une visite qu'il avait faite à Godefroy Cavaignac, disait de lui: «Il répondait à la plus simple question d'un ton décidé qui vous faisait tressaillir et vous donnait le sentiment d'un pouvoir irrésistible et d'une indomptable volonté.» (J. Stuart Mill, Dissertations and discussions, t. I, p. 266.)
[718]: Dans un procès où plusieurs agitateurs du parti étaient impliqués, l'un d'eux, Blanqui, faisait publiquement, dès janvier 1832, la déclaration suivante: «Ceci est la guerre entre les riches et les pauvres; les riches l'ont voulue, parce qu'ils ont été les agresseurs; les privilégiés vivent grassement de la sueur des pauvres. La Chambre des députés est une machine impitoyable qui broie vingt-cinq millions de paysans et cinq millions d'ouvriers, pour en tirer la substance qui est transfusée dans les veines des privilégiés. Les impôts sont le pillage des oisifs sur les classes laborieuses.»
[719]: M. Quinet était leur écho, quand il écrivait: «J'ai vu moi-même, en 1830, le retour des conventionnels, exilés depuis 1815. Ce souvenir me navre encore au moment où j'écris. Personne ne leur tendit la main. Ils reparurent étrangers dans leur propre maison... Ils voulurent revoir leurs provinces natales où ils avaient été autrefois honorés, applaudis. Pas un seuil ne s'ouvrit à eux; le séjour leur devint bientôt insupportable. Après s'être convaincus qu'ils étaient incommodes aux vivants, ils se retirèrent à l'écart, dans quelque abri obscur, regrettant, comme l'un d'eux me l'a avoué, l'exil lointain d'où ils étaient sortis, et trouvant le retour pire cent fois que la mort qui ne pouvait tarder de suivre.» (La Révolution, liv. XVII, § 13.)
[720]: Lettre du 10 février 1832. (De la France, p. 59 et suiv.)—L'abbé Lacordaire écrivait, le 2 novembre 1832, au comte de Montalembert, en parlant des républicains: «Fous sans idées, qui n'auraient peur de rien, ni du souvenir de Marat, ni d'un autre pire, s'il y en avait.»
[721]: Sarrans, La Fayette après la révolution de 1830, t. II, p. 358-359.
[722]: National du 2 janvier 1832.
[723]: Ibid. du 30 août 1830.
[724]: Ibid. du 30 septembre 1830.