[11]: Œuvres de Saint-Simon et d'Enfantin, t. II, p. 197.

[12]: Dans un entretien avec M. de Metternich, à la date du 30 août 1830, le général Belliard, envoyé de Louis-Philippe, a attribué à ce prince l'idée première de la visite à l'Hôtel de ville. «Au moment, disait-il, où le duc d'Orléans avait été proclamé par la Chambre lieutenant général du royaume, il écrivit au général La Fayette, qui organisait à l'Hôtel de ville une commune à l'instar de celles de républicaine mémoire. Le général ne lui fit pas de réponse. Le duc informa les députés de ce qui venait d'arriver, et leur fit part de sa détermination de se rendre en personne et seul à l'Hôtel de ville. Ce ne fut que sur l'insistance des députés qu'il consentit à être accompagné par eux.» (Mémoires de Metternich, t. V, p. 22.) D'autres témoignages font honneur de l'initiative aux députés. Ceux-ci cependant ne paraissent s'être décidés qu'après beaucoup d'hésitations.

[13]: Expression d'un témoin. (Documents inédits.)

[14]: M. Laffitte a raconté plus tard que vingt jeunes gens s'étaient embusqués au coin d'une petite rue, pour fusiller le prince, mais qu'on les avait fait renoncer à leur dessein avec ce seul mot: «Vous tuerez en même temps Laffitte, Pajol, Gérard et Benjamin Constant.» (Sarrans, Louis-Philippe et la contre-révolution, t. Ier, p. 202.)

[15]: D'après les Mémoires de M. O. Barrot, c'est La Fayette qui a pris le bras du prince et l'a entraîné. D'autres témoignages attribuent l'initiative au duc d'Orléans.

[16]: Point de pairie héréditaire, renouvellement de tous les magistrats, élection des juges de paix, liberté illimitée de la presse, jury d'accusation, la constitution soumise à la sanction de la nation, tels étaient quelques-uns des articles de ce programme.

[17]: Mémoires de Metternich, t. V, p. 23.

[18]: Guizot, Mémoires, t. II, p. 29.

[19]: Godefroy Cavaignac répondait alors à M. Duvergier de Hauranne qui félicitait les jeunes républicains d'avoir sacrifié leur idéal à l'intérêt de la France: «Vous avez tort de nous remercier; nous n'avons cédé que parce que nous n'étions pas en force. Il était trop difficile de faire comprendre au peuple qui avait combattu au cri de: «Vive la Charte!» que son premier acte, après la victoire, devait être de s'armer pour la détruire. Plus tard ce sera différent.» (Duvergier de Hauranne, Histoire du gouvernement parlementaire, t. X, p. 652.)—Le général Pajol demandait à un des combattants de Juillet, dont il connaissait les opinions très-avancées: «Vous meniez au combat des hommes déterminés; pouviez-vous compter sur leur zèle?—Sans doute.—Assez pour leur donner l'ordre d'arrêter les députés?—Oh! pour cela, je n'oserais en répondre.—Dans ce cas, la révolution est avortée.» (Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. Ier, p. 292.)—Un républicain, apologiste officiel de La Fayette, M. Sarrans, reconnaissait, dans des écrits publiés en 1832 et 1834, «l'ascendant moral des 221 et l'impossibilité dans laquelle se trouvait La Fayette de s'opposer par la force à l'élévation du duc d'Orléans»; il montrait «la presque généralité des citoyens, entraînés par l'exemple de la Chambre et par la crainte des tempêtes que la peur voyait poindre et s'amonceler de tous côtés, se ralliant à cette combinaison et à cet homme comme à une nécessité». (Cf. passim, La Fayette et la révolution de 1830, et Louis-Philippe et la contre-révolution.)

[20]: Elle avait désigné commissaires provisoires: à la Justice, M. Dupont de l'Eure; aux Finances, le baron Louis; à la Guerre, le général Gérard; à la Marine, l'amiral de Rigny; aux Affaires étrangères, M. Bignon; à l'Instruction publique, M. Guizot; à l'Intérieur et aux Travaux publics, le duc de Broglie.