[137]: Aussi pouvait-on dire à la tribune, le 8 novembre 1830, des journaux fondés depuis la révolution, qu'ils étaient «pleins de doctrines anarchiques, d'appels à la force, de menaces adressées à toutes les existences établies».
[138]: L. Blanc, Histoire de dix ans, t. I, p. 447.
[139]: Ce désordre se reproduisit plusieurs fois, dans les derniers jours d'août et les premiers de septembre, à l'occasion des bustes du général Foy, de Manuel et du maréchal Ney.
[140]: Telle fut la grande manifestation du 21 septembre, anniversaire de l'exécution des sergents de la Rochelle.
[141]: Le Journal des Débats disait, le 23 octobre 1830: «Il s'est trouvé une certaine quantité de gens qui ont adopté pour argument une menace d'émeute.—Faites élire le Roi par les assemblées primaires, ou nous vous faisons une émeute.—Il nous faut encore deux articles de la Charte, ou bien une émeute.—Changez le cens électoral, donnez-nous des places de juge, ou bien une émeute.—De telle sorte que les émeutes sont tombées à l'usage commun des solliciteurs; on la produisait par supplément aux apostilles des députés.»
[142]: Sarrans, Louis-Philippe et la contre-révolution, t. II, p. 25.
[143]: Les prétentions démocratiques n'étaient pas alors moins ridicules qu'ont pu l'être, à d'autres époques, les prétentions aristocratiques. Quand, le 30 juillet, la future reine avait dû, avec sa famille, rejoindre son mari à Paris, on n'avait pu, dans la confusion de ces jours, trouver d'autre véhicule qu'un vulgaire omnibus. Il eût été, certes, bien puéril d'y chercher un sujet de raillerie contre la nouvelle dynastie: mais que penser de ceux qui croyaient y voir un titre d'honneur et qui s'attendrissaient, avec M. Jules Janin, sur ce que la famille royale avait fait son entrée à Paris dans «une de ces longues voitures à bon marché faites pour le peuple»? Les légitimistes, ennemis acharnés de la nouvelle royauté, se réjouissaient de tout ce qui pouvait diminuer son prestige: ils y aidaient de leur mieux. Dans les salons du parti, c'était à qui se vanterait d'avoir fait chanter le plus de Marseillaises au Roi. Les poignées de main royales étaient aussi, dans la société carliste, un sujet perpétuel de gausserie: on y jouait une sorte de farce satirique où Fipp Ier, roi des épiciers, donnait à son fils Grand-Poulot des leçons de science politique, et lui expliquait comment toute la science du gouvernement consistait à serrer la main du premier va-nu-pieds; il lui enseignait les différentes manières de donner des poignées de main, dans toutes les positions, à pied, à cheval, en voiture, quand on galope dans les rangs, quand on voit le défilé, etc.
[144]: Ainsi faisait le Roi dans ses conversations avec La Fayette, Dupont de l'Eure, Laffitte. Quel était le secret de ces professions de foi, un peu étranges dans la bouche de celui qui venait de monter sur le trône? Après 1848, M. Guizot, causant avec un Anglais, M. Senior, lui disait, non sans finesse: «Louis-Philippe avait pour la république les sentiments que certains peuples de l'Asie ont pour le démon; il la considérait un peu comme un être malfaisant qu'il faut flatter et se rendre favorable, mais qu'il ne faut pas combattre.»
[145]: A. Trognon, Vie de Marie-Amélie, p. 197.
[146]: M. Louis Blanc raconte qu'une imprimerie qui, au moment de la révolution, employait deux cents ouvriers, six mois après, n'en employait encore que vingt-cinq, gagnant 25 ou 30 sous, au lieu de 5 à 6 francs. Encore l'imprimerie était-elle une des industries qui avaient le moins souffert.