[385]: M. de Chateaubriand, qui suivit le convoi civil de Carrel, a cherché à atténuer le scandale de cette mort sans religion. Il a raconté que M. Carrel père lui avait dit, à l'enterrement de son fils: «Armand aurait été chrétien comme son père, sa mère, ses frères et sœurs: l'aiguille n'avait plus que quelques heures à parcourir pour arriver au même point du cadran.» M. de Chateaubriand ajoutait: «Carrel n'était pas aussi antireligieux qu'on l'a supposé: il avait des doutes. Peu de jours avant sa mort, il disait: Je donnerais toute cette vie pour croire à l'autre.»
[386]: Lettre du 6 août 1836. (Correspondance d'Edgar Quinet.)
[387]: La Chambre n'affectait plus, comme au lendemain de 1830, d'ignorer l'existence même des fêtes du christianisme. En 1833, pour la première fois depuis la révolution de Juillet, elle suspendait ses séances le jour de l'Ascension. Le fait fut remarqué.
[388]: C'est M. Dupin lui-même qui le constate. (Mémoires, t. III, p. 22.)
[389]: «À ce compte, disait le Journal des Débats, la prêtrise serait une mise hors la loi. Sous la première race, quand on voulait dégrader un prince, on le tonsurait et on le faisait prêtre. Dès ce moment, il ne comptait plus: ce serait la même chose aujourd'hui. La tonsure ecclésiastique serait aussi une dégradation civile et politique. Ce n'est pas ainsi que nous entendons la liberté. Point de priviléges pour le clergé, c'est tout naturel, mais point d'exclusion non plus. Que le prêtre puisse être élu si ses concitoyens le trouvent digne de leurs suffrages.» Et ce même journal ajoutait, à l'adresse de M. Dupin: «Nous ne sommes plus en 1827. Les Jésuites de Saint-Acheul ne font plus de procession; le monogramme de la Société de Jésus et l'emblème du Sacré-Cœur ne sont plus étalés au front des reposoirs de la Chambre des députés; l'Église ne paraît pas prête à envahir l'État. Nous pouvons donc, ce nous semble, à l'heure qu'il est, être, les uns moins gallicans, les autres moins voltairiens que nous n'avons été, et appliquer, sans crainte et sans danger, les principes de la tolérance religieuse.» Le Journal du Commerce, quoique inféodé aux partis de gauche, n'était pas moins vif contre la thèse de M. Dupin et lui ripostait plaisamment: «Quand un avocat vient signaler, à la tribune, les habitudes envahissantes du parti prêtre, un prêtre pourrait, avec raison, lui opposer l'ubiquité des avocats dans les fonctions administratives.»
[390]: Cf. mon étude sur le Parti libéral sous la Restauration, p. 386 et suiv.
[391]: Juin à décembre 1833.
[392]: Vie du cardinal Mathieu, par Mgr Besson, t. I, p. 140 à 143.
[393]: Journal des Débats du 23 octobre 1833.
[394]: Janvier 1835.