[315]: Témoin ce qu'on appela alors «l'orgie de Grandvaux». On sait comment les journaux racontèrent cette scène qui relève de la chronique scandaleuse plus que de la grave histoire. Voir, notamment, l'article de la Quotidienne, du 19 octobre 1835. Des contemporains dignes de foi affirment que les faits avaient été exagérés ou dénaturés.

[316]: C'est ce qui fera écrire, un peu plus tard, à Henri Heine: «Que M. Thiers ait spéculé à la Bourse, c'est une calomnie aussi infâme que ridicule... Mais, par sa familiarité avec des chevaliers d'industrie sans convictions, il s'est lui-même attiré tous les bruits malicieux qui rongent sa bonne réputation... Pourquoi entretenait-il un commerce avec une semblable canaille? Qui se couche avec ses chiens se lève avec des puces.» (Lutèce, p. 130.) Le vicomte de Launay (madame de Girardin) disait de son côté, en 1836: «La seule chose qui nuise à M. Thiers, c'est son entourage politique. Il mériterait de plus dignes flatteurs.» (Lettres parisiennes, t. I, p. 43.)

[317]: Nous lisons dans le journal inédit d'un homme politique, à la date du 21 août 1834: «Les feuilles de l'opposition se sont beaucoup amusées de l'arrivée à Paris de M. Thiers père, accouru tout exprès, dit-on, pour obliger encore une fois son fils à acheter son départ à prix d'argent. Une lettre adressée par le vieillard à la Quotidienne n'est pas de nature à faire tomber cette version. Il commence, il est vrai, par la démentir, mais il ajoute qu'ayant d'autres enfants et des nièces, il est venu le rappeler à son fils le ministre. On dit au surplus que tout est arrangé,» Le frère de M. Thiers ne valait pas mieux.

[318]: Nous lisons, à la date du 5 septembre 1834, dans ce journal intime que nous avons déjà cité: «M. Thiers veut se retirer. Il paraît positif que les derniers esclandres de sa famille ont ébranlé très-fortement son crédit auprès du Roi, et qu'il ne se sent plus lui-même la force de surmonter ces dégoûts.»

[319]: Louis-Philippe a dit plus tard de M. Thiers: «Quand je ne l'aimais plus, toujours il me plaisait.» Ce mot a été raconté par M. Thiers à M. Senior. (Conversations with M. Thiers, M. Guizot, and other distinguished persons, by N. W. Senior.)

[320]: Dans une de ses conversations avec M. Senior, M. Thiers a dit du Roi: «Nous avions du goût l'un pour l'autre... Peut-être ma pétulance ne lui déplaisait-elle pas. Avec moi, il était absolument à son aise; il n'en était pas de même avec M. Guizot.» Ce dernier a dit, de son côté, toujours au même M. Senior: «Parmi les ministres, ceux que le Roi flattait le plus, comme Laffitte et ensuite Thiers, n'étaient pas ceux auxquels il accordait le plus de confiance et d'attachement. Il avait l'habitude de les appeler par leurs simples noms; il n'en fit jamais autant à l'égard de Casimir Périer, du duc de Broglie ou de moi-même. Il n'était pas familier avec ceux qu'il respectait, ou plutôt il cessait de respecter ceux qui semblaient rechercher sa familiarité.»

[321]: M. Thiers disait en souriant au Roi: «Sire, je suis bien fin.—Je le suis plus que vous, répondit Louis-Philippe, car je ne le dis pas.»

[322]: Cette opposition de M. Thiers et de M. Guizot frappait tous les esprits, et M. de Metternich écrivait, un peu plus tard, à M. d'Apponyi: «Il est possible que deux caractères comme ceux de Guizot et de Thiers puissent marcher ensemble; la fusion entre leurs natures me paraît cependant impossible. Guizot est un idéologue conservateur, et Thiers un révolutionnaire pratique. Leurs points de départ diffèrent ainsi essentiellement comme idéologues ou comme gens pratiques; s'ils étaient tous deux l'un ou l'autre, ils pourraient se rencontrer plus facilement que la chose n'est possible avec leurs points de départ différents. Tous deux veulent, sans aucun doute, conserver ce qui existe. Ils diffèrent et différeront toujours, soit aujourd'hui, soit demain, sur le choix des moyens pour arriver au même but.» (Mémoires de Metternich, t. VI, p. 146.)

[323]: Discours du 4 janvier 1834.

[324]: Toujours dans le discours du 4 janvier 1834, M. Thiers disait: «Savez-vous de quoi nous sommes fiers?... Nous sommes fiers de ne nous être pas faits les parodistes d'un autre époque, de n'avoir pas été révolutionnaires.»