[335]: La Revue des Deux Mondes, alors assez à gauche et malveillante pour M. Thiers, disait de lui: «M. Thiers a joui, de toutes les façons possibles, du bonheur de l'autorité; il a parlé longuement dans les Chambres, il a parlé longuement dans les conseils; il s'est fait écouter des généraux, il leur a enseigné la guerre et la stratégie; il a donné des leçons de plastique et il a révélé les secrets de l'art aux sculpteurs et aux peintres; il a dominé dans les ateliers, dans les académies; il a inscrit son nom sur la colonne de la place Vendôme, au faite du temple de la Madeleine, sur des ponts, sur des arcs de triomphe; il a joui en maître des lions et des tigres du Jardin des Plantes, il a mandé dans son hôtel les autruches et les gazelles; M. Thiers s'est montré en public, à la cour, sous des habits chamarrés d'or et de croix; il a figuré sur un cheval blanc dans les revues. Assurément ce n'est pas pour s'instruire que M. Thiers se met en voyage. M. Thiers ne regarde et ne voit pas; il ne questionne jamais, il enseigne, et sa vive intelligence supplée à tout ce qu'il ignore et à tout ce qu'il n'apprend pas.»
[336]: Article du 25 janvier 1835.
[337]: Documents inédits.
[338]: Lettre de M. Bresson au duc de Broglie. (Documents inédits.)
[339]: Louis-Philippe était alors si animé contre les doctrinaires qu'il dénonçait leurs mauvais desseins à M. Dupin, qui n'avait pas cependant besoin d'être excité contre eux. Le président de la Chambre raconte dans ses Mémoires qu'à cette époque le Roi «avait eu la bonté de lui dévoiler lui-même le manége» de M. Guizot et de ses amis. «Ils veulent vous déloger de la présidence, lui avait-il dit, et comme ministre vous user, c'est leur expression. Nous en aurons pour trois mois, déclarent-ils, et nous en serons débarrassés.» Le Roi ajoutait qu'il «avait jugé indigne de lui de se prêter à cette machination dirigée contre le président de la Chambre». (Mémoires de M. Dupin, t. III, p. 148-149.) Il est vrai que le témoignage de M. Dupin ne doit être accepté qu'avec réserve.
[340]: Documents inédits.
[341]: Ibid.
[342]: 6 mars 1835.
[343]: Documents inédits.
[344]: Dépêche de Pralormo, 10 avril 1835, citée par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. I, p. 461.