[569]: M. de Lamartine écrivait à la Saturday Review, le 6 juillet 1848. «Ce qui a fait la révolution, c'est la coalition parlementaire de 1839, ce sont les banquets d'agitation de 1847, c'est l'accusation des ministres.» M. de Montalembert disait, de son côté, en 1850: «Ce sont les coalitions qui ont tué, tour à tour, deux monarchies, en tuant le respect pour l'autorité. Ce n'est pas l'émeute de la rue, ce sont les hommes d'État qui ont fait les révolutions.»

[570]: M. Doudan écrivait plaisamment à ce propos: «C'est aujourd'hui surtout qu'on peut dire qu'il y a autant et plus d'avis que de personnes. On a tellement travaillé à disperser les groupes, dans la Chambre des députés, que, sauf la haine qui est changeante, il n'y a pas de cohésion entre quatre chats. Chacun se promène en liberté dans sa gouttière, l'air capable et impertinent, et vous voulez qu'on se mette à rallier cette grande dispersion! Il faut laisser faire cela aux temps et aux événements.» (Lettres de Doudan, t. I, p. 291.) Henri Heine écrivait aussi, vers la même époque: «Quand je considère, sous ce rapport, les Français d'aujourd'hui, je me rappelle les paroles de notre spirituel Adam Gurowski, qui refusait aux Allemands toute capacité d'action, vu que, sur douze Allemands, il y avait toujours vingt-quatre partis.»

[571]: Lettre à M. Guizot. (Documents inédits.)

[572]: Quelques années plus tard, M. de Tocqueville, dénonçant à la tribune «l'état d'anarchie morale et d'indifférence politique» dans lequel lui paraissait être le pays, déclarait que la coalition était pour beaucoup dans cette «perturbation», dans cette «espèce de négation du juste et de l'injuste, en politique, qui est le trait le plus distinctif et le plus déplorable de notre époque... On a fait croire au pays, ajoutait-il, qu'il n'y avait, dans le monde politique, que des intérêts, des passions, des ambitions, non des opinions.»

[573]: «Il n'y a plus aujourd'hui qu'une loi bien reconnue dans la conduite des affaires publiques, écrivait M. Doudan; chacun se tient pour un principe. Nous avions autrefois découvert ce beau sophisme que l'attachement aux mêmes personnes était la véritable vie des partis; que les personnes étaient des principes incarnés, etc. En conséquence, chacun a fait de soi son propre principe à soi-même, et ainsi nous avons gagné que tout homme qui se fait une bonne place croit combattre pour la bonne cause. C'est la grande conciliation de l'égoïsme avec la morale.» (Lettres, t. I, p. 286-7.)

[574]: Lettres du 16 mai, du 26 octobre et du 14 décembre 1839.

[575]: Sur le mouvement religieux depuis 1830, cf. t. I, p. 206 à 284; t. II, p. 62 à 90 et p. 327 à 353.

[576]: Allusion au libraire Touquet, ancien officier de l'Empire, éditeur, sous la Restauration, du Voltaire Touquet, des Évangiles Touquet, de la Charte Touquet, et autres publications de propagande «libérale» et irréligieuse.

[577]: 15 mars 1837.

[578]: Le propos est rapporté dans une lettre du jeune Pierre Olivaint, le futur Jésuite, alors élève de l'École normale. (Vie du Père Olivaint, par le Père Clair, p. 158.)