[73]: Cependant, quand il envisageait les choses au point de vue de la politique intérieure de la France, M. de Metternich regrettait qu'on eût fait de M. Thiers un président du conseil. Cela lui paraissait «un véritable danger pour la durée du nouveau ministère». «Je n'ai rien, ajoutait-il, contre l'homme personnellement; mes doutes ne portent pas sur ses facultés intellectuelles, mais il me semble avoir trop peu de poids. Aussi ne lui vois-je d'autre soutien que celui que lui prêtera la couronne, et les hommes qui vivent de fonds prêtés ne sont jamais forts par eux-mêmes... Mais tout en France est placé en dehors des calculs, j'accepte donc le nouveau président du conseil, et j'attends l'événement...» (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 137, 138.)

[74]: Lettre de M. Bresson à M. de Barante, en date du 7 mars 1836. (Documents inédits.)

[75]: Dépêches de M. de Barante, en date des 9 et 23 mars 1836. (Documents inédits.)—Cf. aussi Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-70, t. I, p. 606.—Il est vrai que le czar Nicolas, plus passionné que ses ministres, se plaignait au contraire qu'on montrât, à Vienne et à Berlin, trop de condescendance pour Paris.

[76]: «MM. d'Apponyi et de Werther ne se cachaient pas du plaisir que leur causait l'avénement de M. Thiers.» Lettre de M. Bresson du 7 mars. (Documents inédits.)—La duchesse de Dino, fort suspecte, il est vrai, et passionnée en cette affaire, écrivait à M. de Sainte-Aulaire, le 2 mars, que «les rapports du corps diplomatique avec M. de Broglie» étaient devenus «tellement désagréables, que tout autre ministre, quel qu'il fût, aurait paru aux ambassadeurs étrangers un ange du ciel». (Mémoires inédits du comte de Sainte-Aulaire.)—Plus tard, en 1842, M. de Metternich, causant avec M. de Flahaut, du duc de Broglie, lui disait: «Le duc de Broglie, ah! nous avons bien contribué dans le temps à le renverser. On nous avait persuadé que cela serait utile à notre politique.»

[77]: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.

[78]: National, 3 mai 1836.—C'est ce qui fera dire plus tard au vicomte de Launay (madame de Girardin): «M. Thiers croit aux grands seigneurs; quand un lord daigne lui écrire pour le mystifier, cela le flatte.» (T. III, p. 76.)

[79]: Dépêches de Sales, du 29 janvier 1836, et de Werther, du 22 mars, citées par Hillebrand (Geschichte Frankreichs, t. I, p. 598).

[80]: Mémoires inédits du comte de Sainte-Aulaire, et aussi Mémoires de Metternich, t. VI, p. 137.

[81]: Documents inédits.—C'est sans doute à la suite de quelque protestation de ce genre que lord Palmerston écrivait, le 5 mars 1836: «Thiers est tout à fait pour l'alliance anglaise. Madame Lieven et Talleyrand seront désappointés. Ils se sont efforcés de se débarrasser de Broglie, comme ils ont tâché de me mettre dehors, dans l'espoir de briser ainsi l'alliance entre l'Angleterre et la France.» (Bulwer, The Life of Palmerston, t. III, p. 16.) Cette confiance de Palmerston ne devait pas durer.

[82]: Interrogé sur la raison de ce traitement différent, un diplomate autrichien avait répondu «que cette communication était, non de droit, mais de pure confiance; que la confiance ne se commandait point; que le cabinet français s'était toujours montré bienveillant pour l'Autriche, que le Roi et ses ministres avaient toujours cru ce qui était vrai, et compris ce qui était nécessaire; tandis que lord Palmerston avait, en toute occasion, témoigné malveillance, méfiance, hauteur; qu'ainsi l'on avait cru devoir rendre procédés pour procédés.» Dépêche de M. de Barante à M. Thiers, du 20 avril 1836. (Documents inédits.)