[93]: Lettre au comte Apponyi, du 14 avril 1836. (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 142.)—M. Thiers écrivait à notre ambassadeur, le 25 juin 1836: «J'ai refusé toute démarche commune, faite en nom collectif. Si l'Autriche trouve notre conduite bonne et sensée, et veut l'imiter, soit! Mais il ne nous convient pas de faire avec elle un petit fragment de Sainte-Alliance.» (Documents inédits.)
[94]: Ces dépêches ne furent pas connues du public sur le moment. M. Guizot les apporta à la tribune, le 3 février 1848, pour se défendre contre M. Thiers redevenu l'avocat des radicaux suisses.
[95]: Mémoires inédits du comte de Sainte-Aulaire, et dépêche de M. Thiers à M. de Barante, du 15 août 1836. (Documents inédits.)
[96]: Dépêche de M. de Barante, du 21 mai 1836. (Documents inédits.)
[97]: Dépêche de M. Thiers à M. de Barante, 14 juillet 1836. (Documents inédits.)
[98]: Mémoires inédits du comte de Sainte-Aulaire.
[99]: Mémoires inédits du comte de Sainte-Aulaire.—Cf. aussi les Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 149, 150.—Plus tard, après la chute du ministère du 22 février, Louis-Philippe plaisanta le comte Apponyi de la bonhomie avec laquelle il avait rendu le papier à M. Thiers. «Jamais, lui dit-il, à votre place, le ne me serais dessaisi d'une pièce originale de cette importance.»—«Profitez de la leçon, écrivit, à cette occasion, M. de Metternich à son ambassadeur; en suivant les conseils du roi Louis-Philippe, vous deviendrez un parfait diplomate.»
[100]: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. I, p. 590, 596, 597, 673.
[101]: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, p. 673, et Mémoires inédits du comte de Sainte-Aulaire.
[102]: Cf. passim les Mémoires de M. de Metternich, t. VI.—Voici un spécimen de cette correspondance: «Par mon expédition de ce jour, écrivait le prince de Metternich au comte Apponyi, le 28 mars 1836, je m'adresse de nouveau au Roi avec une grande franchise. Veuillez lui faire sentir que dans cette franchise même se trouve le gage de la confiance que j'ai dans la qualité de son esprit. Je crois lui fournir, par ce que je lui dis sur les questions de cabinet, un argument d'une grande force, qu'il pourra faire valoir pour arrêter ses ministres dans une direction essentiellement fautive et qui repose sur des éléments détestables, tels que la vanité et l'esprit de domination des individus. C'est dans un monde qui n'existe pas dans la réalité, que certains ministres ont été chercher leur utopie d'omnipotence ministérielle. Je sais bien que le modèle leur en a été fourni par l'Angleterre; mais s'ils avaient plus de pratique dans l'esprit, ils auraient découvert que les mœurs gouvernementales anglaises ne sont point et ne seront jamais véritablement applicables à la France. La cause que nous désirons servir aujourd'hui, c'est le rétablissement de l'autorité dans ce dernier pays, et Louis-Philippe doit, à cet égard, être de notre avis. La France a soif du pouvoir, et le pouvoir est un mot vide de sens s'il n'est fondé sur l'autorité. Qu'est-ce que l'autorité ministérielle, surtout sous le régime du représentatif moderne qui est l'ennemi de tout maintien des hommes en place?... Je raisonne beaucoup dans les dépêches que j'envoie à Paris, parce que je trouve le raisonnement à sa place dans nos relations avec Louis-Philippe et avec un pays où l'ordre public est redevenu un objet d'éducation.» (Ibid., p. 139, 140.) Il paraît que M. de Talleyrand avait encouragé M. de Metternich à faire campagne contre la «fantasmagorie représentative», et avait exprimé l'avis qu'il fallait faire en France une «Restauration épurée». «Je ne puis assez vous exprimer, écrivait M. de Metternich à son ambassadeur, combien les dernières confessions que M. de Talleyrand vous a faites sur la marche de l'opinion publique en France, m'ont intéressé. C'est une chose curieuse à suivre que le retour d'un vieux pécheur vers les bons principes.» (Ibid., p. 140, 144.)