[187]: Documents inédits.
[188]: Dès le 1er mars, il avait écrit à M. Guizot: «Je garderai ma position amicale sans être invariable, prêt à m'éloigner ou même à combattre si le ministère dérive à gauche d'une manière alarmante, mais content s'il se maintient dans la modération, et ne négligeant rien pour le fortifier dans le dessein de faire le mieux possible.» (Documents inédits.)
[189]: Mélanges et Lettres, t. I, p. 290.
[190]: Constitutionnel du 9 mars 1840.
[191]: Dans la déclaration sommaire que M. Thiers avait lue aux Chambres, le 4 mars, cette prétention était très-visible, et le ministre avait presque insinué qu'il venait de faire capituler la couronne. Le Journal des Débats avait alors critiqué «cette affectation à dire et à répéter: «Le Roi et moi». Par contre, le Courrier français avait félicité le président du conseil d'avoir «fait valoir son droit de chef de parti, en regard du droit que la couronne a de choisir entre les hommes et les opinions»; et il avait ajouté: «M. Thiers ne dit pas que la couronne a cédé, car un ministre doit couvrir le Roi; mais il résulte de son discours, qu'il n'a pas fait, en entrant aux affaires, le sacrifice de ses opinions, et c'est là tout ce que le public demande à savoir.» Le National, trop heureux de voir la monarchie diminuée par ceux qui eussent dû être ses défenseurs, demandait en raillant: «Comment les journaux de la cour prendront-ils ce nouveau spécimen de familiarité respectueuse qui place sur la même ligne la couronne et un simple sujet? M. Thiers et le Roi, le Roi et M. Thiers sont heureusement d'accord pour faire le bonheur, la prospérité et la gloire de la France. Voilà ce que le président du cabinet du 1er mars a bien voulu annoncer au monde.»
[192]: Lettre de Mgr Garibaldi, internonce du Saint-Siége. (Vie du cardinal Mathieu, par Mgr Besson, t. I, p. 247.)
[193]: «Le Journal des Débats disait, le 3 mars, dans un article qui fut remarqué: «La couronne n'aurait pas voulu choisir ces ministres, qu'elle aurait été forcée de les accepter, forcée par sa prudence, et pour ne pas empirer une situation dangereuse. M. Thiers a voulu être le maître, et il l'est, sauf, bien entendu, sa responsabilité devant le Roi et devant les Chambres.»
[194]: Journal inédit de M. de Viel-Castel.
[195]: Le Constitutionnel disait, à la date du 12 mai: «M. Thiers donne d'égales garanties aux deux partis qu'il s'agit de rallier. Mais c'est précisément ce dont on l'accuse. M. Thiers, dit-on, a deux passés. Nous disons que c'est son mérite, c'est la gloire de son bon sens.»
[196]: Le vicomte de Launay (madame Émile de Girardin) faisait, le 7 mars 1840, dans ses Lettres parisiennes du journal la Presse, ce tableau, chargé comme toute satire, de ce qu'il appelait la «traite des députés faite hautement par les pourvoyeurs de M. Thiers»: «Chaque soir, on fait le relevé des acquisitions de la journée. Aurons-nous un tel?—J'en réponds, si vous lui promettez ça pour son gendre.—Et un tel, si on lui offrait ceci?—Ce n'est pas la peine; nous l'aurons pour rien; j'ai vu sa belle-mère.—...Ah! si nous pouvions avoir ***!—Ce n'est pas si difficile qu'on le croit; il vient de perdre cinquante mille francs dans une affaire, il est bien gêné.—...Mais notre plus belle conquête, c'est le bon ***.—Quoi, il s'est engagé?—Sur l'honneur!—Mon cher, vous êtes un sorcier. Qu'avez-vous fait pour le séduire?—Je l'ai pris par les sentiments.—Je ne vous comprends pas.—Ah! tu n'as pas d'enfants! Le gros bonhomme a deux filles à marier... Je possède un peu bien ma statistique parlementaire. Je sais ceux qui ont des filles à établir, ceux qui ont des fils à placer, ceux qui ont des frères incapables sur les bras, ceux qui ont des intérêts de cœur dans les théâtres royaux, ceux qui ont des secrets à cacher, ceux qui ont des manufactures à soutenir, ceux qui ont des forges, ceux qui ont des sucres, ceux qui ont des rentes, et ceux, enfin, qui ont des dettes. Eh! je dis avec le proverbe: Qui paye leurs dettes s'enrichit.»