[292]: Ainsi M. Guizot dira, deux ans plus tard, le 28 mai 1846, en pleine Chambre des députés: «Nous avons beaucoup d'estime pour la plupart des hommes qui composent le parti légitimiste; nous faisons grand cas de leur position sociale, des idées et des sentiments qui les animent... C'est notre désir que l'ensemble de notre politique, l'état de notre pays, l'empire de nos institutions rallient successivement tout ce qu'il y a d'éclairé, d'honorable et de considérable dans cette portion de la société française.»

[293]: Un milliard de 1830 à 1848: soit 323 millions de 1830 à 1841, et, de 1841 à 1848, environ 100 millions par an.

[294]: Lettre du maréchal Bugeaud à M. de Corcelle, en date du 28 septembre 1845. (Documents inédits.)

[295]: Mémoires de M. Guizot, t. VII, p. 141.

[296]: Sur les événements d'Algérie de 1830 à 1839, voir tome III, ch. X.

[297]: C'est alors, en février 1840, qu'eut lieu la défense de Mazagran, autour de laquelle on fit tant de bruit. Le fait se réduisait à ceci: 123 zéphyrs, soldats des compagnies de discipline, occupant un ancien fortin turc en assez bon état, s'étaient vus assiéger par environ 1,500 Arabes. À l'abri de leurs remparts, ils tinrent bon pendant quatre jours, et l'ennemi, qui n'avait ni canons pour faire brèche ni échelles pour escalader les murailles, dut se retirer. La défense était honorable, mais n'avait rien d'extraordinaire. On en pouvait juger aux pertes de la garnison qui, pendant ces quatre jours, n'avait eu que trois tués et seize blessés. La guerre d'Afrique offrait maints faits d'armes bien autrement remarquables. Mais l'opinion, égarée par le rapport exagéré du commandant, le capitaine Lelièvre, par les amplifications fantastiques des journaux et aussi par l'étrange penchant des honnêtes bourgeois à exalter le soldat vicieux aux dépens des autres, s'engoua des «héros de Mazagran», qui furent comparés aux défenseurs des Thermopyles. Le gouvernement lui-même, dupe de cette mise en scène, leur prodigua les récompenses, jusqu'au jour—près de trois ans plus tard—où, mieux informé, mais ne voulant pas confesser publiquement son erreur, il se contentera de mettre silencieusement le capitaine Lelièvre à la retraite. Le commandant de Montagnac, un vrai brave, celui-là, écrira à ce propos, dans une lettre en date du 22 novembre 1842: «Notre fameux lapin de Mazagran a fini par être expulsé de l'armée, à la suite de tous ses méfaits. Il y a longtemps qu'on aurait dû lui rendre cette justice.» Beaucoup d'historiens en sont encore restés à la légende de Mazagran.

[298]: Cité par M. Camille Rousset, l'Algérie de 1830 à 1840, t. II, p. 389 à 391.

[299]: Le général de La Moricière, par M. Keller, t. I, p. 231.

[300]: Lettres d'un soldat, correspondance du colonel de Montagnac.

[301]: Ce témoin est M. Louis Veuillot, qui vint en Algérie avec le général Bugeaud, au commencement de 1841, et qui, aussitôt après, publia ses impressions de voyage, sous ce titre: Les Français en Algérie.